AVERTISSEMENT : Certaines scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs, ce roman est destiné à un public adulte et averti.

Bronx, New York, 2005,
Deux ans avant KNYSNA
Il est des rencontres qui marquent à jamais, gravées au fer rouge dans le cœur comme la brûlure d’une cigarette sur le derme.
Une plaie refermée sur des démons, enfouis en vous pour toujours. Vivre avec en silence, survivre dans l’oubli, expier, comme une malédiction…
Et si pour la première fois d’une vie sur le fil, il était possible d’apaiser les tourments ?
Mais qu’en ce matin de février, votre passé frappait à votre porte et s’en prenait à votre seul ami et allié ?
Et si vous aviez tué la seule personne qui ait su vous aimer ?

Qui aurait pu penser que la suite de « Knysna » consisterait en fait en un préquel ? Un préquel qui nous éclairerait sur « Hilton », personnage ô combien trouble du premier roman d’Odehia Nadaco.

Car « A(i)mer » est plus le roman d’un personnage et d’une ambiance que d’une histoire, même si l’intrigue est bien présente et qu’un genre d’enquête s’y déroule. Un personnage aux multiples facettes, tiraillé entre ses souffrances passées et présentes, sa peur du futur, sa terrible dépendance et les êtres qu’il aime.

Et au-delà d’un roman très noir nous offrant une plongée dans des bas-fonds sordides, au milieu d’êtres abjects ou paumés, c’est aussi un roman d’amour que nous offre l’auteure, l’amour vrai, celui qui fait mal, qui finit mal, qui parfois ne finit jamais.

C’est sombre, c’est terrible, c’est désespéré mais c’est beau aussi, tellement c’est bien écrit, tant les personnages sont brossés avec intelligence et réalisme, et les scènes narrées sans filtre ni édulcorant. Parce qu’Odehia balance ses tripes sans retenue et que ça sonne juste. Parce que la vie c’est plus souvent dur et cruel que tendre et beau et que pour certains, c’est bien pire encore.

La plume, vive et acérée, est d’une telle puissance et d’une telle force brute qu’on vit certains passages comme en apnée. On en prend plein la gueule et le pire c’est qu’on aime ça. Même moi qui suis pourtant facilement impressionnable et qui crains le trash. Car il faut le dire, certaines scènes sont très crues et très dures, et bien qu’annoncées en préambule par une mise en garde de l’auteure, elles m’ont parfois menée à la limite de la nausée.

L’atrocité de ces scènes mais aussi la cruauté froide – et parfois bien plus glaçante encore – d’un autre personnage, nous éclairent sur le titre, qui prend alors tout son sens, ou plutôt tous ses sens.

Magistral !

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