Enfermé dans un service de soins aux personnes âgées, Frank est un vieil homme. Très vieux.
Bientôt 100 ans, physiquement dépendant, la somme de ses douleurs pourrait emplir un océan.
Pourtant, une seule le fait horriblement souffrir: celle, mentale, liée à sa solitude, à l’abandon dont il est l’objet.
Il attend donc la fin, sans horizons autres que les murs de sa chambre.
Jusqu’au jour où une étincelle va lui redonner espoir.
La visite régulière d’une jeune femme, aussi inattendue que rêvée, va le tirer de son morne quotidien, ré-ouvrir les fenêtres scellées, bouffée d’air frais et luminosité retrouvée.
Il pourra enfin se confier, déterrer des souvenirs précieusement enfouis et conservés.
La magie va alors opérer.

Avant de vous livrer un retour sur le roman proprement dit (que je ne saurais d’ailleurs classer dans une catégorie), je voudrais présenter l’auteur à ceux qui ne le connaissent pas et vous parler de lui tel que je le ressens et le perçois.
Tout d’abord, il est capable de tout écrire ! On s’en rend très bien compte quand on suit les petits billets qu’il sème ça et là sur son mur, mais qui plus est en s’attaquant à ses livres.
Alors oui c’est un auteur qui ne fait pas l’unanimité car il dérange et je crois qu’on l’adore ou qu’on le déteste. Pour ma part, je l’affectionne particulièrement, pour son humour, la qualité et la beauté de ses textes ainsi que sa faculté à pouvoir nous émerveiller, nous émouvoir, nous horrifier, nous faire réfléchir … nous faire réagir quoi !!

Car Cedric Veto est un auteur auto-édité engagé ! Ses histoires sont là aussi pour servir ses idées, être prétexte à défendre les thèmes qui lui sont chers et à nous inciter à ouvrir les yeux. Il nous bouscule, nous vire hors de notre zone de confort, nous met les points sur les i, nous retire nos œillères, nous sort de notre cadre, des limites et du politiquement correct. En un mot, c’est un véritable terroriste émotionnel qui appuie là où ça fait mal et nous met la tête dans le caca avant de nous demander si ça sent la rose ! Bon … difficile de répondre que ça sent la rose hein !
Dans « Au bout du chemin », il traite des sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur et qui sont récurrents dans toute son oeuvre : l’écologie, le consumérisme, la maltraitance animale, la violence gratuite, la haine, mais aussi l’amour, l’amitié, la famille, le respect … et, ce qui est au cœur de ce livre, l’indifférence envers les plus faibles et les plus démunis, entre autres l’abandon des personnes âgées.
Ce livre est une ode à la vie, à la nature, à l’amitié et à l’amour. Car, toujours, toujours, au milieu des pires histoires qu’il nous raconte, on trouve l’espoir, malgré et en dépit de tout. L’espoir en l’homme et la croyance qu’il a la capacité de réaliser des miracles.
Tour à tour drôle, émouvant ou cruel, ce n’est pas un page-turner que l’on avale sans s’arrêter, mais bien une gourmandise que l’on déguste à petites gorgées.

Et que dire de notre belle langue française si chère à mon cœur et ô combien malmenée parfois par les auteurs ?
Cédric l’utilise à merveille, en use et en abuse pour notre plus grand plaisir, la fait tinter à notre oreille comme une ritournelle un peu désuète et la fait tourner dans notre bouche et fondre sous notre langue comme un dessert oublié mais tellement enivrant. Toujours ce vocabulaire choisi et ce style lettré, mais non dénué d’humour malgré la gravité des sujets.
Alors oui, comme d’habitude, j’ai mouillé mon mouchoir, car oui, je suis une chochotte, mais je ne suis touchée que par des choses réelles, tangibles, qui ont existé, existent et existeront encore. Là est pour moi la vraie horreur, celle qui m’émeut aux larmes et m’empêche de dormir.
Certains me disent que je fais parfois l’autruche, moi je dis que je tente juste de me protéger de ce monde horrible à bien des égards dans lequel nous vivons et que Cédric décrit si bien.
Voilà pourquoi je crains de le lire alors même que j’en redemande et voilà pourquoi je ne saurais jamais que trop convier ceux qui n’ont pas encore sauté le pas à se lancer sans attendre. Pour info, son dernier livre « Au nom de l’Art », vient tout juste de sortir et je m’y plonge sans attendre !

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4 Réponses

  1. Ju lit les mots

    C’est bizarrement un auteur que je redoute de lire! Justement j’aime les billets qu’il sème et je me dis que son écriture doit être hard aussi ! Pourtant j’ai ksi tous ses livres !

    Répondre

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