Primo Levi, Juif italien, membre de la résistance italienne au fascisme est déporté à Auschwitz.  Il raconte son histoire de détenu dans ce livre de son arrivée à sa libération.

 » On est volontiers persuadé d’avoir lu beaucoup de choses à propos de l’holocauste, on est convaincu d’en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l’accumulation, on a envie de crier grâce.
C’est que l’on n’a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l’état du malheur.
Peu l’ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l’air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n’est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité.  »
Angelo Rinaldi

 » Ce volume est aussi important que la Bible. Un Livre fonda une religion humaniste il y a des millénaires. Un autre Livre raconte la fin de l’humanité au XXe siècle.  » Frédéric Beigbeder

Comme je suis un très grand passionné d’Histoire (vous le savez déjà si vous avez pris le temps de lire ma biographie), ce livre m’a évidemment intéressé. Il est fascinant sur le plan historique comme sur le plan humain (un tel témoignage est pour moi d’une valeur considérable).

Si je me souviens bien, au début du livre il est même fait mention d’un geste que je considère comme « humain ». C’est le fait qu’un responsable d’un train menant au camp accepta de prélever de l’eau sur la chaudière de ce même train pour permettre à des parents de donner un bain à leur petite fille (qui sera tuée par la suite, dans les chambres à gaz si mes souvenirs sont bons, je ne suis pas parvenu à retrouver la page alors n’hésitez pas à me corriger si je me suis trompé).

C’est ce que j’aime dans les témoignages de ce genre par-dessus tout, la présence de l’humanité malgré tout le mal présent (je vais d’ailleurs chroniquer d’autres livres ou l’on retrouve cette merveille, ils ne seront pas sur la Shoah, mais non moins témoins d’un mal immense).

J’ai également beaucoup appris sur la Shoah avec des anecdotes incroyables et des moments qui me restent dans la tête bien que je souffre d’un problème de concentration et que je me souvienne de ce livre moins bien que d’autres (ce que je regrette).

En tout cas, à l’école j’ai réussi ma fiche de lecture si je me souviens bien, je voulais en faire une à la maison, mais ma mère voulait que ce soit sur livre que je n’avais pas déjà lu (pour donner à son fils la passion de la lecture il faut ce qu’il faut, merci infiniment maman, même si tu ne lis peut-être pas ce texte dont tu ignores peut-être l’existence) et j’étais très content de le voir recommandé dans les manuels d’Histoire à l’école ainsi que dans la boutique d’un musée sur la Seconde Guerre mondiale dans le Vercors (si je me souviens bien, dans ce musée il y a une vidéo ou une femme témoigne et recommande à ma plus grande joie Primo Levi).

Certains demanderaient « Il y beaucoup de livres sur la Shoah et nous savons tous que c’était horrible, l’école nous l’a appris, pourquoi parler de ce livre en particulier ? ».

C’est une remarque très intéressante. J’ai étudié (en tant que passionné d’Histoire) la Shoah (pour la petite anecdote, j’ai découvert les chambres à gaz en lisant un livre d’Histoire avant qu’on ne m’en parle à l’école). J’ai même visité Auschwitz il y a près d’un an pendant les JMJ de 2016 en Pologne. Sur place, alors que je traduisais en français pour mes amis les panneaux écrits en anglais, j’ai constaté quelque chose. Je savais que cette visite allait me rappeler les horreurs du fascisme, même si elle me l’a rappelée bien plus brutalement que je ne m’y attendais, mais il y avait autre chose. Avant cette visite, je pensais tout savoir concernant les camps de concentration et d’extermination (j’ai lu le livre dont il est question ainsi que d’autres, j’ai assisté à une conférence peu après une commémoration du camp de Natzweiler-Struthof en Alsace ou j’ai posé de nombreuses questions à l’une des gérantes de la commémoration qui s’occupait de la conférence…) même si j’ai appris beaucoup de choses encore lors des préparatifs pour cette visite. Et lors de la visite alors que je traduisais et que je constatais que ce lieu était une enclave de l’enfer sur terre, que dis-je la porte des enfers même, une terre éternellement condamnée… J’ai constaté que sur place j’apprenais des choses que je ne connaissais pas, malgré tous mes travaux pour me renseigner. Et en repensant à la chronique, je me suis dit « et, mais c’est vrai ça les conférences, les livres, les musées… ils parlent tous d’au moins une chose dont les autres ne parlent pas ».

Et bien voyez-vous c’est ça l’un des intérêts d’étudier ce témoignage en plus de ceux que vous connaissez déjà, croyez-en mon expérience, quand vous étudiez de manière approfondie cette période, vous apprendrez toujours de nouvelles choses.

« Utilité relative »  répliqueraient certains. C’est vrai, vous n’êtes pas tous des passionnés d’Histoire comme moi et vous connaissez tous forcément, les horreurs de l’holocauste. Mais il y a autre chose, Geneviève de Gaulle-Anthonioz (la nièce du Général), a été emprisonné (elle était résistante) dans un autre camp (Ravensbrück). Après sa libération (il faut que je lise au moins un de ses livres) elle est allée voir des personnes pauvres et vit en eux les mêmes visages désespérés que ceux du camp de Ravensbrück.

Nous croyons la page tournée, mais elle ne l’est pas, ce mal est encore là tout autour de nous (ma paranoïa de passionné d’Histoire me rattrapant, je tiens à vous préciser que je ne suis pas communiste). Peut-être ce livre vous aidera-t-il à voir le mal autrement.

Mais je ne vais pas chercher à vous vendre à tout prix ce livre (je le déconseille même aux enfants et aux personnes sensibles). Mais je pense qu’il mérite qu’on lui donne une chance, pour moi les témoignages sont les livres les plus précieux qui soient.

« Le crime le plus affreux que l’on puisse commettre, c’est la destruction de l’humanité chez un être humain » Geneviève de Gaulle-Anthonioz.

A propos de l'auteur

Pour commencer, je suis d’ascendance noble. J’ai passé 2 ans et demi de ma petite enfance en Angleterre. Mes parents qui voulaient que je sois en mesure de parler la langue de Shakespeare prirent soin de m’enregistrer de nombreuses émissions et programmes qui passaient à la télévision anglaise. Parmi ces émissions et programmes, il y avait des documentaires. Ces derniers transformèrent ma vie à tout jamais, depuis je suis un petit curieux avec une insatiable soif de connaissances. Et là où il y a de la culture il y a des livres. Je n’ai cependant pas toujours été un grand lecteur, mais l’école et mes parents y ont remédié. Aujourd’hui, alors que j’étudie l’Histoire, je dois reconnaître que la lecture est une activité que j’aime beaucoup. Désormais je lis de tout, du français à l’anglais, des histoires vraies aux fictions. J’essaye même d’écrire mes propres livres, j’espère pouvoir un jour les achever, les éditer et pouvoir vous les présenter.

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