Chicago, années folles…
Sur la scène d’une ville en proie à la corruption, acteurs et gangsters se côtoient.
William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. Il aide son épouse, Susan, à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition.
La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone.
Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.

Chronique :

Ce roman est sélectionné dans la catégorie Premier Roman du Prix des Auteurs Inconnus.

Chicago Requiem. Le titre sonne comme une promesse. Comme une mélodie grave, un peu obscure et lancinante, qui hanterait le lecteur, et se rappellerait à lui chaque jour avec ses refrains désespérés.

J’ai pour habitude de ne pas lire les chroniques publiées sur des livres que je n’ai pas encore ouverts. Cette fois, c’était impossible, puisque je suis en charge de cette catégorie sur le Prix des Auteurs Inconnus, il m’a fallu vérifier, et publier les chroniques rédigées sur Chicago Requiem. Autant dire que je me préparais à ne pas aimer ce bouquin. N’en lire quasiment que du bien m’a un peu refroidie, même si j’avais apprécié l’extrait lors des présélections. J’ai tendance à attendre beaucoup — trop — d’une histoire qui n’attire pratiquement que des louanges.

L’intrigue se déroule aux États-Unis, à Chicago donc, dans les années « folles ». On imagine des mafieux surgir d’un tripot mal famé, fusillant tout sur leur passage dans les rues poussiéreuses et ensanglantées de la ville des vents afin d’en prendre le pouvoir. On sent presque l’alcool de contrebande, la transpiration des maisons closes, et des bars clandestins. On entend déjà le jazz… Pourtant, dès les premières pages, j’ai eu l’agréable impression, de retourner dans l’Angleterre du XIXe siècle contée par les Sœurs Brontë, dont je suis archi-fan. C’est principalement dans les descriptions des personnages et de leurs interactions que l’on s’y retrouve. Les héros de « Chicago Requiem » sont pleins de panache, de finesse et de complexité. De la domestique humble à la sociopathe accomplie, en passant par la grand-tante rigide, et l’homme meurtri, mais amoureux, chacun d’entre eux est dépeint avec une précision exceptionnelle, donnant un caractère fou au récit.

L’ambiance du roman est sombre, opaque. Je sais que l’auteure souffre un peu de ne pas réussir à catégoriser son livre. S’agit-il d’un thriller ? D’un roman historique ? D’une romance ? D’une saga familiale ? Je n’aime pas mettre des étiquettes sur les choses, encore moins sur les gens. Et je n’ai aucun problème avec le fait qu’un livre soit inclassable. S’il fallait vraiment lui trouver un genre, je pense qu’il faudrait faire un mélange. Un roman noir, à la frontière du roman gothique et du drame romantique. J’ai parfois lu qu’il y avait de la romance dans ce récit. Je n’en ai vu aucune. J’y ai vu du romantisme. Le vrai, celui du XIXe siècle, qu’on retrouve dans « Jane Eyre ». Le tragique et cruel, palpable dans « Les Hauts de Hurlevent ». Accompagné à la fois de la folie furieuse et de l’amour véritable. Celui qui fait mal. Pas de la romance pleine de clichés qui met en scène le vilain beau gosse super riche qui tombe amoureux de la midinette du coin sans le sou et naïve en deux temps trois mouvements. Juste des histoires d’amour. Sombres, entières, bourrées de vie, de mort, fortes de loyauté autant que de trahison.

Mais Chicago Requiem ne parle pas que d’amour. L’amour est le ciment qui maintient tous les éléments entre eux. Il est le fil conducteur de l’histoire, et glisse chapitre après chapitre, au gré des citations qui les inaugurent. C’est pour mieux mettre en valeur l’intrigue familiale et sociale : mariages arrangés, divorces scandaleux, meurtres, trahisons, vengeances, retrouvailles, guerres mafieuses, hiérarchie sociale… Le récit est riche, dense, mais sa construction tellement bien travaillée qu’aucun passage n’alourdit la lecture. Au contraire, c’est au service de la dynamique de la narration que se sont mis les chapitres courts et intenses, assaisonnés de dialogues truculents.

Vous l’aurez compris : je pensais être déçue, je suis conquise.

Je tiens également à souligner une chose. Chicago Requiem était initialement publié chez Dreamcatcher. La maison d’édition a résilié le contrat, Carine Foulon a repris ses droits avant de rééditer son roman en indépendant. Elle a ensuite retravaillé la couverture, 4e comprise, et je dois dire qu’elle a bien fait : l’ensemble colle beaucoup mieux à l’histoire.

Infos pratiques :

Date de sortie : juillet 2017, réédité en mars 2018

Editions Dreamcatcher, puis auto-édition

Prix du format broché : 16.50€

Prix du format numérique : 3.99€

Site de l’auteur : http://lectiole.blogspot.com/

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