Ange, un flic quinquagénaire promène sa névrose, Gaïa, une gamine en rupture promène son

chien. L’un et l’autre marchent dans les rues d’Aix-en-Provence, le nez au sol.

Le flic déteste les punks à chien, la fille déteste les flics. Ils jouent sur le même terrain.

Un meurtre non élucidé les réunit, puis tout s’emballe. Adieu Aix, bonjour la route.

Ce road-trip vous fait parcourir les routes du Sud-Est, trop vite, ou pas assez, car de drôles de

rencontres les attendent. Elles leur retourneront les tripes, jusqu’à ne plus savoir qui est qui, ni ce

qu’il ou elle fait là, et pourquoi, pour qui. Mais, Samuel Beckett l’a dit, « il faut continuer », ils

continueront donc. Jusqu’au bout.

 « La Horgne » est offert par l’auteur dans le cadre du concours que j’organise jusqu’au 31/05/2017.

Chronique :

Certains livres vous prennent tout entier et vous emmènent dans leur univers. Parfois, il s’agit d’un monde magique, irréel. Et de temps à autre, les auteurs immergent le lecteur dans notre réalité. Mais ce quotidien qui est le nôtre est vu, et vécu différemment selon les gens, selon les conditions dans lesquelles ils y évoluent. Et souvent, c’est la rencontre de personnes issues de classes sociales opposées qui donne aux protagonistes cette impression de ne pas appartenir au même monde, alors qu’ils viennent d’un même endroit géographique. Quand ces personnes se croisent, les interactions sont forcément intéressantes.

C’est la mise en scène de ces interactions qui est écrite à quatre mains dans ce roman. Après la présentation des personnages, la pose du contexte, et le début des intrigues, c’est dans deux road-trips parallèles — qui finiront forcément par se rejoindre — que l’on retrouve Gaïa, Ange, et leurs amis.

Si parfois le lecteur peut se perdre dans les méandres des délires de Gaïa, si l’on peut trouver dommage que certaines intrigues restent sans réponse, et que le fil conducteur du livre (les frelons) ne mène nulle part (du moins pour les non-initiés, peut-être y a-t-il des significations cachées, mais après recherche, je n’ai rien trouvé),  la globalité de « La Horgne » apporte vraiment une profondeur et un côté fascinant, quasi mystique à la lecture. Non seulement les personnages sont quasiment tous marginaux à leur manière, mais il y a quelque chose de beau dans leurs rencontres. Le livre aborde des sujets difficiles : les litiges familiaux, la vie dans la rue, le rejet de la société, et de l’autre, mais aussi l’écologie, la tolérance (et l’intolérance), la nature. La vie, tout simplement. Et si la fin reste ouverte, elle est totalement cohérente avec l’esprit qui se dégage de ce roman.

Cette plongée dans l’univers des « punks à chien », qui permettra à chacun de se faire une idée d’un monde fort méconnu et visé par des tas de préjugés, est passionnante et mérite réellement une place dans une bibliothèque digne de ce nom.

EDIT : Je me permet d’ajouter quelques lignes post-publication pour apporter une précision de l’auteur. Concernant le fil conducteur et la fin ouverte, une suite est en cours de rédaction. Il parait donc plus compréhensible de ne pas avoir certaines réponses. 

En savoir plus sur les auteurs :

BIOGRAPHIES

Jean Heffeder la horgneest né au siècle dernier dans une petite ville à l’ouest de l’Oural. Dernier garçon d’une famille nombreuse, rigoriste et farfelue, il commence à écrire dès l’age de 6 ans ( d’autres l’ont fait, c’est vrai) mais la plupart de ses œuvres finissent à la corbeille. Il fut primé au concours « Osez la publication » DraftQuest/Librinova en 2015,sous le titre: »L’étagère des destins « . C’est son premier roman.

Lis Hëldet vient d’ un pays où régnait le soleil, et le chant des cigales. Elle y pratiquait les arts plastiques. Elle a quitté la Provence pour effectuer une magnifique et mémorable traversée du désert, pouvant s’apparenter avec une retraite, au fin fond de la France. Elle arriva au pays de la pluie et du papier, pays rude et hostile où seule l’eau coule, mais où l’herbe était verte et accueillante pour ses ânes.

Contemplation des gouttes de pluie sur les vitres? Rencontre plus inspirée?

Elle se mit alors à travailler le papier, en écrivant des romans et en l’utilisant pour réaliser des sculptures

Autres ouvrages

 Lis Hëldet : Les Han-Faon/ The Child-Fawns (2016 Album jeunesse)

Jean Heffeder :Les aberrantes obsessions de l’énigmatique magicien russe (2015 roman sous le titre « L’étagère des Destins »)

Petite présentation à l’usage de qui ça intéresse :

Nous ne sommes pas des perdreaux de l’année…

Lis : ça va, t’as qu’à dire qu’on est des vieux !

Non, c’est sur, mais si notre age n’a aucune importance, notre génération transparaît sans doute au travers des lignes (et sûrement encore plus dans les références musicales citées en exergue des parties du roman) Nous vivons tous les deux en France.

Nous sommes artistes plasticiens, à facettes multiples et à revenus limités. Nous avons commencé à utiliser le médium de l’écriture il y a peu (trois ans environ).  

Nous avons découvert l’un comme l’autre que l’écriture permet tout, toutes les inventions, tous les mondes, toutes les audaces, avec un minimum de moyen. Que l’on écrive seul, chacun de son côté, ou à deux comme dans La Hörgne, nos univers s’entrecroisent, entre le réalisme le plus pur et des glissements dans le fantastique ou l’onirique, dans ce qu’on pourrait définir comme de la « réalité augmentée ».

Lis : j’écris et illustre mes contes et je me suis aperçue que l’univers de mon écriture, ses thèmes sont ceux  du reste de ma production plastique, que ce soit peinture ou sculpture.

Jean : je reste le plus souvent dans une palette romanesque plus noire (comme le fleuve!), pour la lecture, il en est de même !

Nous partageons tout de même souvent les mêmes lectures et comme nous n’avons qu’une liseuse pour deux… Comme avec le livre en vrai, on attend ! Nous lisons beaucoup, et n’avons pas de genre de prédilection particulier. Nous aimons la littérature, adorons lorsqu’elle glisse dans le fantastique, ou le burlesque et admirons toute sorte de plumes.

Lis : je lis de la littérature jeunesse par période aussi.

Naturellement, Jean a autopublié son premier roman chez Librinova puisque c’était le lot de son prix en 2015, sans grand succès malgré les critiques dithyrambiques.

Cependant, nous avons proposé nos précédents manuscrits à l’édition traditionnelle (au moins 2 envois), sans réponse pour le moment, mais nous sommes entourés de plusieurs personnes elles-mêmes auteurs édités pour travailler et retravailler nos textes. L’auto-édition nous permet une vraie liberté de ton, peut-être difficile à obtenir par l’édition tant la société d’aujourd’hui paraît frileuse et paranoïaque. Et puis comme c’est quelque chose qui est en train de se faire, qui émerge, il y a quelque chose d’enthousiasmant à participer à cette aventure-là.

La Hörgne, c’est parti d’un fait divers, un truc atroce, et on s’est demandé comment ces gamins de même pas 20 balais, plongés dans la dope, pouvaient en arriver à faire des choses aussi inimaginables. C’est cette question qui a déclenché l’écriture de La Hörgne. C’est cette question qui a inspiré le synopsis d’une histoire super trash, nous voulions interroger l’écriture pour tenter d’y trouver une réponse. Mais très vite, nos personnages ne se sont pas laissé faire, et ont refusé de se laisser entraîner dans notre projet. C’est cette lutte qui est devenu le corps de ce roman. Ange et Gaïa se sont extirpés de ce que nous avions déterminé pour eux. Ils se sont inventé leur vie, en avançant sur leur chemin, de rencontres en rencontres. Ils nous ont emmenés avec eux, et nous ont relégué au rang d’observateur de leur révolution, ouverte, vivante et résolument optimiste.
Nous avons vécu une expérience excitante et féconde dans cette écriture à quatre mains, nous nous sommes amusés, et cette énergie porte ce texte. D’un jeu au départ, La Hörgne nous est devenue essentielle!

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