Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s’aiment ou se détestent, même si les autres l’ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu’ils ont écrite au musée de la Chênaie.
Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d’un village martyr.
Guerre. Occupation. Épuration.
Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé !

« De la terre dans la bouche » d’Estelle Tharreau est le dernier livre que j’avais à lire dans le cadre du « Prix des Auteurs Inconnus » édition 2019. Il était dans ma présélection, il fait maintenant partie des deux premiers de mon classement final. Vous l’aurez compris, ce fut une belle lecture.

Tout commence avec un héritage inattendu. Elsa ne sait rien de cette maison que possédait sa grand-mère et qui maintenant lui appartient. Elle décide de s’y rendre dans l’espoir d’obtenir quelques réponses mais, n’y trouvant que des questions supplémentaires, et malgré l’hostilité générale, elle se résout à poursuivre son enquête. De secret en révélation, de mensonge en trahison, Elsa va remonter le fil de l’histoire de ce village, de ses habitants et, parmi eux, de son aïeule. En soulevant le voile jeté sur un pan méconnu de l’histoire de l’occupation allemande, elle va découvrir que la guerre, le malheur, la misère, la faim et le froid peuvent générer l’entraide et l’empathie, mais aussi faire ressortir le pire chez l’homme et entraîner la jalousie, la haine, la délation et jusqu’au meurtre.

Les personnages, relativement nombreux, sont de prime abord assez difficiles à cerner et nous apprennent, malgré leur tendance générale au mutisme, que tout n’est pas noir ou blanc, qu’il est parfois compliqué de faire la part des choses et que l’on peut se tromper sur les coupables… comme sur les innocents.

Un roman très noir aux allures de thriller, très documenté et à l’intrigue captivante. Le suspense est savamment entretenu, l’intensité monte au fur et à mesure des pages, et l’auteure déroule implacablement sa toile en nous perdant plusieurs fois sur des fausses pistes, jusqu’aux révélations finales.

Un style simple qui se lit facilement et qui, malgré une conjugaison parfois un peu aléatoire, sert formidablement cette histoire aux accents ruraux. Oui, une très belle lecture. Je vais d’ailleurs m’attacher à suivre cette auteure dont deux des autres titres sont dans ma pal.

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