François, qui s’occupe d’un centre équestre en Bretagne, découvre un jour une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Prêt à appeler les secours, il se ravise et, sans trop savoir pourquoi, la ramène chez lui pour la soigner. À son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à s’expliquer. Elle déclare s’appeler Elsa mais refuse qu’on lui pose des questions. Commence alors une étrange cohabitation, où l’un et l’autre se mettent peu à peu à nu sans pour autant totalement révéler les secrets qui les rongent. Et même si ce duo en s’apprivoisant s’apaise, chacun souhaite continuer à se protéger, quoi qu’il en coûte. Qui est Elsa ? Que cache-t-elle ? Quelle vie est-elle en train de fuir ?

Derrière la carapace, il y a une délicatesse subtile et insoupçonnée…

 « La délicatesse du homard » a remporté un franc succès en auto-édition. Troisième roman de Laure Manel, il a été repéré, et sera publié, par les Éditions Michel Lafon.

La plume de Laure Manel est sans fioritures. Simple, fluide, elle écrit la rencontre d’un homme et une femme qui n’ont rien en commun. L’histoire est rédigée dans un français impeccable — les lecteurs n’en attendent pas moins d’une enseignante — et se comprend de manière aisée. L’intrigue est presque intégralement portée par Elsa, la jeune inconnue retrouvée inconsciente. Enveloppée de mystère, ce personnage hermétique, visiblement dépressif, s’ouvrira peu à peu au contact des chevaux, et de son hôte, François. Un peu bourru, ce dernier s’avère prévenant et à l’écoute, mais sa patience sera mise à rude épreuve.

Quand deux êtres humains au passé trouble et douloureux se rencontrent, a fortiori dans un contexte aussi compliqué, le lecteur s’attend à de l’émotion.

Mais si l’histoire est jolie, et très bien écrite, elle est lisse, et les amateurs de sensation pourraient se sentir frustrés. Le tragique et l’amour sont abordés en surface alors qu’ils mériteraient une profondeur abyssale, un peu de rugosité. Parce que « La délicatesse du homard » possède un fort potentiel émotionnel. Le passé de chacun des deux protagonistes principaux est déjà intrinsèquement dramatique. La rencontre des deux aurait pu donner une claque magistrale. Mais l’auteure n’a sans doute pas voulu en faire trop. En effet, quelle qu’en soit sa nature, quelle qu’en soit l’issue, la relation entre Elsa et François est une belle idée, une superbe histoire et le livre profite de ce mélange positif. S’il avait la chance d’être un jour adapté au cinéma, « La délicatesse du homard » serait d’ailleurs un succès assuré avec un casting adéquat. (L’auteure a étudié les techniques scénaristiques, une affaire à suivre !)

Un style simple, abordable et agréable, mais sans surprise.

Aussi, la longueur de certaines scènes, le manque d’action, même s’il profite à la description de lieux magnifiques et à l’ambiance du livre ralentit le rythme de lecture et lasse parfois. Et si la fin est très (trop?) prévisible, à aucun moment Laure Manel ne semble vouloir dérouter le lecteur. Au contraire, les indices sont allègrement semés sur le chemin de mots à parcourir, empreints de poésie et de délicatesse. Le titre correspond d’ailleurs formidablement au récit.

Ce voyage littéraire au cœur de la Bretagne est parfait pour ceux qui veulent s’évader d’un quotidien morose et s’immerger dans un lieu où il fait bon vivre. Un endroit où la foi en l’être humain et les deuxièmes chances sont des règles et non des exceptions.

Le contexte équestre, s’il peut effrayer les lecteurs qui ne le connaissent pas, est parfaitement dosé. Laure Manel en fait un décor, un outil employé juste ce qu’il faut pour donner une douce originalité à l’intrigue, sans la noyer dans un style « Martine à cheval », que l’on retrouve bien trop dans la littérature équestre moderne. L’équidé est un instrument, un prétexte, qui en plus d’animer la relation entre Elsa et François, donnera envie aux lecteurs de s’approcher de l’animal et d’oser, enfin, caresser le museau de celui qu’il craint un peu. L’auteure rend la chose facile et l’air de rien, fait une belle publicité au milieu. D’autant que le haras est placé dans un décor de rêves, en bord de plage bretonne. Une région mise à l’honneur là aussi, d’une façon subtile et poétique qui ravira les connaisseurs.

« La délicatesse du homard » est un joli livre. Il se lit facilement, rapidement, dans les moments où l’on a juste envie de tendresse et de positivité. Un livre qui met un peu de douceur et de délicatesse dans un monde qui en manque cruellement.

Infos Pratiques :


Date de sortie : 18 mai 2017 (aux éditions Michel Lafon)

Editions Michel Lafon

Prix du format broché : 18.95€

Page facebook de l’auteure 

Cet article m’a été envoyé par Netgalley et la maison d’édition pour revue. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page A Propos, du site

 

7 Réponses

  1. kerrylegres

    Le côté trop lisse me fait un peu peur, mais j’ai ce livre dans ma PAL depuis longtemps, donc je le lirai c’est certain 😉

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    • Virginie

      Je t’avoue que ça m’a beaucoup déçue, je m’attendais à de l’émotion, surtout vu les critiques que j’avais lues. Ça reste un beau livre, une jolie histoire. Mais j’aime quand ça pique un peu 😉

      Répondre

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