Ailleurs… Le monde de Mérania est sur le point de sombrer dans une guerre effroyable. Seul l’Elu, désigné par une prophétie ancestrale, peut sauver cet univers en péril.

Ailleurs… Les princes Lorgan et Léor se lancent dans une quête pour trouver l’enfant prodige, destiné à devenir le plus grand dragonnier de tous les temps, seul espoir de Mérania.

Dans notre monde… Line, une adolescente de seize ans, s’apprête à passer des vacances paisibles en famille…

Mais le doute s’immisce durant son séjour. Et s’il y avait autre chose ? ?

Et si son destin était ailleurs ?

Chronique :

Bien bien bien. C’est une chronique un peu délicate que je m’apprête à vous livrer aujourd’hui. Ilona Troadec, j’en ai entendu parler à l’époque du Salon du livre de Paris, Livre Paris 2017. En effet, son roman a été désigné Coup de cœur du jury Amazon lors du Speed-Dating organisé par la marque, comme Convoitise, et Aztèques.

Je me souviens que beaucoup de blogueurs et d’auteurs autoédités avaient relayé la sortie du livre, le vendant comme un chef-d’œuvre absolu. Certains dans le lot font partie des personnes dont les avis m’importent. Alors je l’ai acheté. Le 18 juin 2017 très exactement. Je sais, on est déjà fin octobre. En effet, l’ebook a plongé dans les méandres de ma Pile à Lire. (D’autres sont bien plus loin dans ma liseuse, mais chut, ne disons rien !) Jusqu’à ce qu’il en sorte au hasard de certaines discussions sur Facebook. Alors je l’ai lu. (C’est mieux pour rédiger une chronique. Si si, tout le monde ne le fait pas, mais c’est mieux !)

J’ai tendance à me méfier quand on me vend un « chef-d’œuvre ». Quand tout le monde trouve absolument « magnifaïke ma chéwie », un film, un CD, ou un livre, je m’attends à un réel chef d’œuvre, et je suis souvent profondément déçue. Vous l’aurez compris, le tome 1 de Derkomaï n’a pas laissé un goût de merveilleux très prononcé à mon esprit. Pourquoi ? Je vous explique ça !

Derkomaï, l’histoire

Le livre s’ouvre sur un test pour trouver l’Élu. Merania, un monde étranger au nôtre, est la proie du Mal, aka le méchant Opass. Selon une vieille prophétie, seul un enfant — que l’on appelle aussi le Dragonnier — né à une certaine date, pourra sauver les méraniens du chaos. Alors tous les citoyens de Merania natifs du jour cité par la prophétie, certificat de naissance sous le bras, doivent se présenter au palais afin de passer « le test de la Créature ».

Alors qu’Opass et ses guerriers s’approchent inexorablement, et que tous les enfants ont été testés en vain, le Roi désespère et se résigne : ils vont devoir se battre, certainement jusqu’à la mort. Mais Anthéa, sa sœur a une idée : et si l’Élu venait de l’autre monde ? Elle y envoie donc ses fils, Léor et Lorgan.

Dans notre monde, Line, 16 ans, toujours un peu à l’écart des autres, se sent différente. Abandonnée par sa mère alors qu’elle n’était qu’une nouveau-née, elle a dû apprendre à vivre aux côtés d’un père alcoolique, détruit par la disparition inexpliquée de sa femme. Désormais, son père est marié à une femme adorable, et tous les deux lui ont donné un petit frère qu’elle aime par-dessus tout. Mais Line ne trouve pas sa place dans le monde, et n’est pas enchantée par le projet de vacances familiales.

Un chef-d’œuvre ?

Vous avez sûrement déjà dit, en sortant du cinéma : « Ouais, en fait, t’as regardé la bande-annonce, t’as vu tout le film ! » Voilà exactement ce que je me suis dit en refermant le livre. À vrai dire, rien qu’en lisant le résumé, j’avais deviné l’intrigue complète. Parce qu’il reprend les codes de 98 % des livres de fantasy de ces dix dernières années. Une ado mal dans sa peau et rebelle, un monde inconnu et magique, une prophétie, un test à la Excalibur, et bim BAM boum, tout est plié. On change les personnages, les lieux, on imagine deux trois péripéties et un nouveau bouquin est sorti. Alors je vais nuancer mes propos. Beaucoup. Et même encore un peu plus.

La trame est convenue, on devine forcément l’histoire, du début à la fin quand on a lu un peu de fantasy. Cependant l’histoire est bien construite, et est agréable à lire. Les personnages sont relativement bien dessinés, même si les répétitions deviennent lassantes. (Si le lecteur n’a pas compris que Line « n’est pas très curieuse d’habitude », c’est qu’il n’a pas lu le livre).

Aussi, certains détails m’ont laissée dubitative. Quand un des neveux du Roi de Mérania rencontre un garçon qu’il connaît dans notre monde, et qu’il dit qu’il était au lycée avec lui, j’ai du mal à comprendre. Même si les frères sont censés être à la recherche de l’élu depuis plusieurs années, ils ont aussi changé de pays plusieurs fois, et ce détail me paraît très peu plausible. À la décharge de l’auteure, on n’en apprend que très peu sur ces recherches et j’ai fini par me convaincre que si elle le disait, c’est que ça devait être crédible, et que, peut-être, j’étais passée à côté de quelque chose qui l’expliquait.

Des qualités certaines.

Je n’ai, par contre, pas noté de fautes d’orthographes ni de syntaxe. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, cela veut dire que s’il y en a, elles ne sont pas flagrantes, et/ou que la plume de l’auteure me les a fait oublier. Et c’est une qualité à mes yeux. Savoir entraîner le lecteur entièrement dans l’histoire est un vrai talent.

Et surtout, surtout, Ilona Troadec avait 14 ans lorsqu’elle a terminé la rédaction du roman. Je ne la connais pas personnellement, je ne sais donc pas si elle a bénéficié d’une aide quelconque, mais je vais partir du postulat qu’elle a rédigé son livre seule, ce qui est, en soi, une chose formidable.

Je connaissais ce « détail » avant de lire le livre, mais j’ai lu ce premier tome en faisant abstraction de l’âge de l’auteur. Parce que finalement, le livre n’est pas moins cher parce que la personne qui l’a écrit est très jeune. Et parce qu’avant de dire que c’est un chef d’œuvre, j’aime faire preuve d’objectivité. Ce livre n’est pas meilleur que d’autres ouvrages de fantasy du même genre. Mais alors qu’Ilona Troadec n’avait que 14 ans quand elle a posé les mots sur le papier, il n’est pas moins bon non plus, bien au contraire.

Je regrette le côté « clone » des sagas fantasy (le même problème existe dans tous les genres littéraires d’ailleurs), néanmoins cela ne fait pas de Dermokaï un mauvais livre. Mais n’en déplaise à ses adorateurs, le jeune âge de l’auteur ne fait pas de son livre un chef d’œuvre.

Pour la petite histoire, c’est Matthieu Biassoto qui a réalisé la couverture, magnifique.

 

Infos Pratiques :

Date de sortie : 13 juin 2017

Prix du format numérique : 2.99€ chez Amazon

Prix du format broché : 12.99€ chez Amazon

Auto édition

Page Facebook de l’auteur : https://www.facebook.com/IlonaTroadecAuteur/

 

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