Parfois, les dates et destination de vacances sont imposées… Ethinor, Tallia et Jermold sont contraints à l’exil et rejoignent la Contrée. Ses hôtes, pour le moins exotiques, vont conduire les aventuriers à se remettre en question. Même si c’est à leur corps défendant.

« Ça passe tout seul. Après une bouteille de Bourbon. » Winston Churchill.

« Heureusement, c’est court. » Saint Augustin.

« Arrêtons de nous voiler la face : la pitié a ses limites. Je ne pensais pas qu’il pouvait tomber si bas. » Le papa de Guillaume.

Des illusions matutinales de Guillaume Lecler est le quatrième opus, après Deux zéros et demi, Bons baisers de Goscranie et Partie fine et inversement, narrant les aventures de mes trois anti-héros préférés. À noter qu’il existe depuis peu une version intégrale de cette tétralogie.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas les romans de Guillaume Lecler, sachez qu’il s’agit de Fantasy humoristique et que, s’il n’est pas obligatoire d’avoir lu les trois premiers auparavant, c’est quand même fortement recommandé ! Non pour la compréhension de l’histoire, mais plutôt pour l’appréhension des personnages et du monde de l’auteur, et surtout, surtout, parce que vous manqueriez là quelque chose !

J’ai retrouvé avec grand plaisir Ethinor Thamer et Jermold Deux-Fois dans de nouvelles aventures burlesques et jouissives. À la demande, ou plutôt l’ordre, de la reine Titane, personnage Ô combien surprenant, ils partent à la recherche de leur fougueuse et volcanique comparse, Tallia Sans-refus, qui a été enlevée par le roi Obron. (Ça me fait toujours rire ce nom, Tallia Sans-Refus, parce que quand ma fille Diane était cavalière, elle montait une jument du même nom qui, elle, faisait au contraire souvent des refus et a été à l’origine de ses plus belles gamelles).

J’attire tout d’abord votre attention sur la superbe couverture, signée une nouvelle fois Alex Lecler, frère et esclave attitré de l’auteur.

Pour ce qui est de l’histoire, il s’agit là encore d’une aventure farfelue, fantasque et pleine de rencontres, donnant vie à quelques péripéties et à un développement que j’ai trouvé inattendu. Les personnages sont tout à fait réjouissants, que ce soit la reine des fées, les ogres ou le faune qui leur sert de guide à travers la forêt et qui en profite pour philosopher, voire pour les psychanalyser.

Les dialogues sont travaillés sur plusieurs registres : argot fleuri de la dryade, vocabulaire plus que basique d’Ethinor, langage châtié du faune, offrant toute latitude à l’auteur de montrer l’étendue de son talent. Car c’est bien cet écart entre ces différents niveaux qui nous permet d’apprécier sa parfaite maîtrise de la langue. Et par la même occasion, cela m’a procuré la grande joie de découvrir que Brian Merrant et moi-même parlions couramment le dialecte des ogres !

Le texte comporte aussi des passages extrêmement poétiques, notamment dans les magnifiques descriptions, pleines de détails et de sensibilité. Comme toujours, la lecture se fait à deux niveaux, car sous les facéties de Guillaume se cachent des remarques, des réflexions jetées ici ou là formant une analyse fine et aiguë de l’humanité et de la société. L’auteur use d’images et de de métaphores pour pointer quelques dysfonctionnements de notre monde. L’ensemble est émaillé de références littéraires, cinématographiques et musicales (entre autres Shakespeare, Tolkien, Monty Python et Brel), dont voici un exemple :

Extrait : « Quitte-moi ! Moi, je ferai un domaine où l’indifférence sera loi, où tu seras toi. On a vu souvent s’éteindre le feu sous la marmite et, quand vient le matin, pour qu’un ciel s’allume, le gris et le noir ne divorcent-ils pas ? Quitte-moi, quitte-moi, quitte-moi, quitte-moi ! »

Et comme tous les détails comptent pour Guillaume Lecler, l’humour est également présent dans les notes de bas de pages, rab de gourmandises aussi surprenantes que goûteuses, fermes et moelleuses à la fois, comme de délicieuses tranches de viande saignante. Rendez-vous compte, le bougre a même poussé le vice jusqu’à poster sur le site d’Amazon à propos de son bousin, un commentaire désobligeant assorti d’une étoile (sûrement parce qu’on ne peut pas en mettre zéro) !

Encore une bonne « Guillaumerie » (@Emilie Bétoule) à déguster sans modération !

Signé « la jambe » (private joke adressé à Guillaume Lecler dit « Guigui le beau rameur », et Bastien Pantalé ; mais les sachants sacheront aussi).

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