Naëlle possède un étrange don de voyance. Le hasard la jette seule en pleine campagne, dans un vieux moulin qu’elle pense pouvoir restaurer. Julien est un gamin de dix ans, solitaire et peu bavard. Une exquise amitié – qui n’aurait pas dû naître – se noue entre eux. Mais pour la jeune femme, cette complicité semble compromise d’avance. Elle est sûre d’une chose : Julien ne pourra pas recevoir longtemps l’amour dont il a besoin. Ses visions lui font savoir que le destin de l’enfant est déjà tracé, et qu’elle n’y est pas étrangère… Une escapade pleine de vie, entre tendresse et suspense, où l’étrange s’invite sur la pointe des pieds… Pour ce premier roman, j’avais envie de quelque chose qui soit à la fois facile à lire, drôle et étonnant. À la fin du livre, je voulais qu’on se dise : « Non… Il n’a pas fait ça !» Fait quoi ? Vous verrez bien…

Chronique :

C’est dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus (qui devient le Prix du Cercle Anonyme de la Littérature) que j’ai lu « Des petits biscuits sur la timidité ». J’ai longtemps été circonspecte face à ce livre, et c’est pourquoi je ne l’ai pas ouvert avant. La couverture ne me parlait pas particulièrement, et le résumé ne m’attirait guère. L’extrait que j’avais eu à lire pour les sélections ne m’avait d’ailleurs pas non plus convaincu. Alors oui, c’est avec un certain handicap que ce livre est arrivé entre mes mains.

Finalement, j’ai été agréable surprise au bout de plusieurs dizaines de pages : la plume de l’auteur est un régal. Élégante, poétique, douce, elle semble chorégraphier les mots plus que les déposer sur le papier. Dans une langue impeccable, Errol Sabatini nous emmène dans un petit hameau isolé, à la rencontre de Naëlle, citadine reconvertie qui vient d’acheter un vieux moulin sur la colline du village. Elle y fait la connaissance des habitants méfiants, mais également de Julien, préadolescent, élevé par sa grand-mère. Solène, la maman du jeune garçon est, elle, enfermée dans un hôpital psychiatrique à cause de son addiction à la drogue, et des comportements qui en découlent.

Suivre la tentative d’intégration de Naëlle dans un hameau conservateur, l’évolution de son don, ainsi que leurs conséquences sur la vie des habitants a été très intéressant à lire. Le rapprochement de Julien et de la jeune voyante, même s’il était prévisible, a donné du cachet à l’histoire et une dimension plus profonde à l’intrigue. Vraiment, ce roman est une pépite.

Enfin presque. Dans la quatrième de couverture, Errol Sabatini nous annonce qu’il souhaite qu’on se dise « Non, il n’a pas fait ça ?! »

Et bien si, il l’a fait. Il a clos ce livre de la pire manière qui soit de mon propre avis. Je suis personnellement allergique à ce genre de fin, que je trouve bâclée. Je ne me suis pas dit : « Non, il n’a pas fait ça ?! ». J’ai en fait pensé : « Pffff, c’n’est pas possible… » Je ne peux trop en dire au risque de dévoiler l’intrigue principale. Mais pour moi, la fin ressemble plus à un « je ne savais pas comment terminer mon bouquin, alors voilà, débrouillez-vous avec ça » plutôt qu’à un retournement de situation de folie. Je préfère — et de loin, contrairement à beaucoup de monde j’en suis consciente — une fin totalement ouverte à la « Shutter Island » à une fin de ce genre. D’ailleurs c’est une technique de conclusion très utilisée, l’originalité ne peut donc même pas être un prétexte.

Je suis d’autant plus déçue que le récit est admirablement bien construit, et qu’il aurait pu mener à une conclusion tout autre et plus à mon goût. Jusqu’au titre qui est d’une justesse incroyable. J’ai néanmoins conscience que je ne suis pas l’auteur et qu’évidemment, il avait certainement ses raisons de clore le livre de cette manière. Mais je ne suis pas arrivée à les comprendre, et de fait, le fil directeur de l’histoire et sa cohérence m’échappe. Une petite note de l’auteur à la fin du roman nous renvoie sur son site internet afin de nous donner une indication à propos d’une possible lecture différente de l’intrigue. Avec hâte et espoir, je m’y suis rendue. J’ai été encore plus déçue. L’application de ce « conseil » ôte le peu de cohérence à ce que j’avais retenu du livre.

Il s’agit là d’une vision personnelle, et pour avoir échangé avec les autres chroniqueurs de ma catégorie, je suis la seule à avoir cet avis, ceux qui l’ont lu ont été enchantés de leur lecture. Néanmoins, cette conclusion a pour moi, gâché le doux talent de l’auteur.

biscuitsInfos pratiques :

Date de sortie : 28/10/2016

Auto-édition

Prix du format numérique : 2.99€ chez amazon

Prix du format broché : 18€ chez Amazon

Site de l’auteur : www.des-petits-biscuits-pour-la-timidite.com

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :