Eugène Terredefeu : les larmes du Wendigo – Sacha ERBEL

La petite ville de Plymouth, sur la côte est des États Unis, voit sa quiétude bouleversée depuis que moi, Eugène Terredefeu, je suis arrivé en ville. Non pas que je sois mêlé à cet horrible meurtre commis dans le parc, mais des événements troublants se succèdent, et pas seulement en matière d’homicide. En passionné de romans noirs, je colle aux basques de Lilly Anak, agent du FBI tourmentée, pour tenter d’en apprendre plus. Je vois bien qu’elle cache des éléments importants et bien plus terrifiants encore, liés à l’assassinat de cette future maman. Pire encore, c’est au péril de ma propre vie que je vais être confronté au Mal absolu. Celui que l’on ne voudrait croiser sous aucun prétexte ! Pas même dans ses pires cauchemars ! Et ce n’est pas Poison qui vous dira le contraire ! Hein ? quelle petite peste, celle-là !

Quel plaisir de retrouver Sacha Erbel, dont j’avais beaucoup apprécié les deux premiers romans, L’emprise des sens et L’ombre de Nola, et je remercie Mark Zellweger et les Éditions Eaux Troubles pour l’envoi de ce SP.

Avec Eugène Terredefeu, l’auteure nous emmène dans un nouvel univers, habité par un personnage haut en couleur, même si on ne sait pas grand-chose de lui finalement, hormis qu’il est français émigré récemment aux États-Unis, bibliothécaire, qu’il possède une GoldWing, s’habille de costumes tout à fait improbables et fait preuve d’une curiosité pour le moins intrigante. On devine qu’il n’a pas fui la France pour rien, qu’il cache un sombre et douloureux secret mais celui-ci ne sera pas évoqué avant la fin. Et c’est tant mieux, parce que cette fin, elle est vraiment terrible !!!

Eugène Terredefeu parle à la première personne et s’adresse parfois directement à nous, lecteur, ce qui donne un ton très vivant au récit et nous implique beaucoup plus dans son histoire en nous faisant partager tous ses ressentis. Le côté psychologique des personnages est d’ailleurs fort habilement décrit et argumenté, expliqué en détail et en profondeur. Rien d’étonnant quand on sait que Sacha Erbel est diplômée en criminologie appliquée à l’expertise mentale, mais elle sait rendre son discours clair et apte à la compréhension du profane.

Elle en profite aussi pour nous informer quant à une légende amérindienne qui prend ses racines au Canada mais s’est étendue dans tout le folklore d’Amérique du Nord : celle du Wendigo.

Côté style, l’auteure ne s’embarrasse pas de fioritures et cette écriture brute, au sens premier du terme, donne une certaine force à ses mots. Avec des dialogues réalistes relevant du registre familier et parlé et à l’aide de tournures expressives et imagées, l’humour n’est jamais en reste et fait mouche à chaque fois.

« … du standardiste nommé Bob, aussi vif qu’un paresseux sous Xanax… »

« En tout cas, ce qui est sûr, c’est que je me sens très mal à l’aise dans cette maison. Même les poils de mes bras veulent se barrer d’ici le plus vite possible ! »

Ses deux premiers romans offraient une part de fantastique, ce qui n’était pas pour me déplaire, bien au contraire, et il en va de même pour celui-ci… ou pas. Je vous laisse le loisir de découvrir par vous-même cette approche intéressante, qui m’amène à cette fin exceptionnelle ! Une fois n’est pas coutume, puisque ce n’est pas toujours le cas, j’étais contente d’avoir deviné un élément important inhérent aux personnages, mais je me suis retrouvée largement prise au dépourvu par la tournure qu’a finalement fait prendre Sacha Erbel à son intrigue. Et complètement bluffée ! Une fin magistrale, s’il en est, qui m’a fait m’écrier à chaud : pfiouh, quelle histoire !!!

Je ne peux donc que vous inciter à la découvrir sans délai, cette histoire, qui commence par vous faire dresser les cheveux sur la tête et finit par vous tirer les larmes aux yeux tout en donnant tout son sens à cette très belle couverture.

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