Amélie Antoine, je l’ai découverte il y a un peu plus d’un an et demi, avec son roman « Au Nom de Quoi ». Publié au départ sous un pseudonyme (Dorian Meune), il m’avait été recommandé par mon oncle, alors que le livre lui avait été recommandé via email par… Amélie Antoine. Plus tard, j’ai lu deux autres de ses livres : le dernier, « Quand on a que l’humour » publié chez Michel Lafon, et Fidèle au Poste, roman à l’origine auto-édité, par qui le succès est arrivé. (La chronique ne devrait pas tarder).

C’est juste avant l’été que j’ai rencontré cette auteure, nordiste, comme moi. Ceux qui me connaissent personnellement savent à quel point je suis mal à l’aise avec « les gens ». En particulier ceux que je ne connais pas. De plus, je n’ai jamais eu cette tendance à être « fan » au point de piétiner à l’idée de rencontrer mes « idoles ». Déjà, je n’en ai pas vraiment, mais surtout, je ne saurai pas quoi leur dire. J’ai beau être accro à certains auteurs, je ne pourrai pas faire la queue pour avoir une signature sur un livre. Pire, je crois que je ne saurai même pas aligner trois mots en la demandant. Pour dire quoi ?

« J’ai adoré votre bouquin ? » À voir la file d’attente dans les salons, je ne suis pas la seule. Et je me dis toujours que ça doit saouler l’auteur, à force.

Lui demander des précisions sur son livre ? À voir la file d’attente dans les salons, je ne suis toujours pas la seule. Et je me dis encore que ça doit saouler l’auteur, à force, qui n’a pas le temps. Et que ça saoulera aussi les gens qui suivent, et qui attendent en se posant les mêmes questions.

Bref, vous l’aurez compris, les rencontres avec les auteurs, ce n’est pas mon truc. Les rencontres tout court, ce n’est pas mon truc. Sauf que depuis quelques mois, j’ai sympathisé, plus ou moins, avec certains auteurs, par le biais du blog. Principalement des auteurs auto-édités, très présents sur les réseaux sociaux, et effectuant leur promo par eux-mêmes. Je n’en avais encore rencontré aucun dans la vraie vie. Entendez par là « en chair et en os ». Je ne ressens d’habitude aucun intérêt à apprendre à connaître l’individu derrière l’auteur. Et exception faite de deux ou trois personnes, je n’échange qu’à propos de livres et de chroniques, de façon très ponctuelle.

J’ai beaucoup accroché au style d’Amélie Antoine. Surtout à l’émotion qu’elle distille dans ses livres. Et elle est de ma région. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi….Vous connaissez la chanson, je vous épargne ma voix de crécelle. Cela m’a donné envie d’en savoir plus sur elle. Puis il paraît que je suis blogueuse. Alors un jour, j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai mis un mouchoir sur ma timidité, et j’ai proposé une interview à la demoiselle. Une vraie. En chair et en os. Oui, moi, l’asociale de référence.

Bref, un midi de mai, j’ai rencontré Amélie Antoine.

Devinez avec qui je déjeune ce midi? 😎😁 #interview #bloglitt #beltanelitensecret

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C’est un tout petit bout de femme avec laquelle j’ai échangé autour d’un plat de sushis. Une auteure aussi peu à l’aise que moi finalement, naturelle et simple. Nous nous sommes bien entendues et avons discuté de manière si agréable qu’en fin de compte, malgré une préparation complète, je n’ai sorti ni cahier ni stylo ni enregistré quoi que ce soit. Et même si j’ai pu aborder, entre autres, les sujets que j’avais préparés, j’ai préféré lui poser les questions de manière plus formelle, à l’écrit, à la suite de notre déjeuner. En voici les réponses :

Interview

  • Virginie : J’ai découvert Amélie Antoine en lisant « Au nom de quoi ? », que tu as publié initialement sous le pseudo de « Dorian Meune », et qui met en scène des personnages fictifs avant, pendant, et après les attentats du Bataclan. Beaucoup ont découvert ta plume avec « Fidèle au Poste ». Tu as publié, en auto-édition ou en édition classique quatre livres. Avec lequel aimerais-tu qu’un nouveau lecteur te découvre ?

Amélie Antoine : Pour être honnête, mes trois romans me semblent tellement différents les uns des autres qu’il me serait difficile de dire que je préférerais qu’on découvre mon univers en commençant par tel livre plutôt qu’un autre… J’espère juste que peu importe lequel, il donne envie de découvrir les autres ensuite !

  • V : Tu écris sur des sujets différents à chaque livre, mais chacun est empli d’émotions. C’est une volonté de ta part (un travail que tu fais sur ton écriture), ou plutôt une signature indirecte de ton style ?

AA : Ce qui me vient avant l’écriture d’un roman, c’est l’intrigue, puis les personnages qui naissent et se densifient… Je n’ai pas l’impression d’insuffler de l’émotion en y réfléchissant en amont, je me contente de raconter une histoire qui a mûri dans ma tête et dans mon cœur pendant plusieurs mois, en espérant parvenir à la mettre en mots sans la trahir ou la gâcher…

  • V : Tu as d’abord choisi de publier tes livres en auto-édition, puis tu as signé un contrat avec une maison d’édition presque trentenaire et très connue, Michel Lafon. Est-ce que ça a changé quelque chose pour toi ? Est-ce que le regard que tu portes à tes lecteurs et à tes anciens livres a été modifié par la signature de ce contrat ?

AA : Signer avec Michel Lafon a évidemment changé beaucoup de choses pour moi, notamment parce que mon rêve était de voir un jour un de mes livres en librairie. C’est une vraie chance d’être éditée, je suis consciente que beaucoup de textes de qualité ne sont pas repérés et/ou acceptés par un éditeur alors qu’ils le mériteraient sans aucun doute. Pour l’instant, je suis très satisfaite, car j’ai la possibilité d’être un auteur « hybride », qui publie à la fois en maison d’édition et en auto-édition. Je peux à la fois bénéficier de l’accompagnement et la force de frappe d’une grande maison pour certains textes, et être 100 % libre sur d’autres textes que je porte moi-même — et ça me convient très bien !

  • V : « Quand on n’a que l’humour » t’as été inspiré par le décès de Robin Williams, il y a bientôt 3 ans. Est-ce que tu t’es documentée sur l’homme qu’il était pour écrire ton livre, ou est-ce que son suicide a juste été le déclic ? Plus précisément, est-ce que la vie, et le personnage d’Édouard Bresson sortent complètement de ton imagination, ou y a-t-il quelques parcelles de la vie de Robin Williams dans « Quand on n’a que l’humour » ?

AA : Non, effectivement, le suicide de Robin Williams a fait office de déclic, mais c’est uniquement le point de départ de la réflexion sur le roman. Pour moi, la question était celle-ci : comment peut-on être une star adorée de tout le monde et en réalité être brisé au point de vouloir en finir ? C’est à cette question que j’ai voulu répondre, j’ai eu envie de parler du côté sombre de la célébrité, des erreurs qu’on peut faire au cours de sa vie et de la façon dont on peut chercher à les rattraper…

Edouard Bresson est humoriste. Adulé par le public, il remplit les salles et même le Stade de France. Mais alors qu’il joue chaque soir devant plusieurs milliers de personnes, il ne s’est jamais senti aussi seul. Mélancolique, hanté par des démons du passé, il est éloigné de ceux qui comptent vraiment pour lui. @amelie.atn nous livre encore une fois un roman plein d’émotions et d’authenticité. Un récit fictif poignant. La chronique est sur le blog ! #amelieantoine @editionsmichellafon #michellafon #quandonaquelhumour #bloglitt #beltanelitensecret

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  • V : Je sais que tu travailles sur plusieurs livres actuellement, peux-tu nous en dire un peu plus sur les thèmes ? Le genre ?

AA : Dans les projets « achevés », il y a deux échéances : un roman plutôt noir, à la frontière du polar, qui devrait sortir en autoédition cet hiver, et un roman de littérature générale (sans doute plus proche de Quand on n’a que l’humour…) qui devrait sortir au printemps 2018 chez Michel Lafon !

  • V : J’ai été surprise récemment de voir qu’encore aujourd’hui, certains auteurs rédigent leur manuscrit sur papier, alors que je m’imaginais qu’à notre époque, tous tapaient leurs textes directement sur ordinateur. Quelle est ta méthode ?

AA : Dans la phase de préparation du roman (qui dure plusieurs mois avant que j’écrive le moindre mot), je note mes idées sur un carnet. Ensuite, quand il s’agit d’écrire le roman lui-même, c’est directement sur ordinateur !

  • V : Un petit mot aux lecteurs du blog pour la fin ?

À ceux qui ont déjà lu un de mes romans, merci d’avoir eu l’envie découvrir mon univers ! Et aux autres… j’espère que cette interview vous aura donné envie de lire un de mes romans. 😉

En vrac :

Amélie Antoine a écrit à ce jour quatre livres : une autobiographie « Combien de temps », et trois romans. Bien que classé dans les thrillers, « Fidèle Au Poste » s’approche plus de la littérature générale, comme « Quand on que l’humour ». Quant à « Au Nom de quoi », il s’agit d’un docu-fiction.

« Fidèle au Poste » a rencontré plus de 250 000 lecteurs en auto-édition, et les droits ont été achetés par un producteur américain afin d’adapter le roman au cinéma.

« Fidèle au Poste » ainsi qu’« Au Nom de Quoi », ont été traduit en anglais.

Amélie Antoine a un emploi et n’écrit pas à plein temps. Elle habite dans le nord de la France.

Mes chroniques sur les livres d’Amélie Antoine :

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4 Réponses

  1. Nisa lectures

    Superbe interview !

    Moi aussi je suis plutôt bien derrière l’écran, mais j’ai franchi le pas une fois avec un auteur de ma ville. Je voulais une dédicace et nous avons discuté plus d’une heure, je n’ai pas vu le temps passer 🙂

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