« Comme je me régale avec ces réseaux sociaux, comme il est facile de pénétrer la vie des gens ! Je pourrais y passer des heures, en devenant voyeur malgré moi. Quelle impudeur, toutes ces personnes qui s’affichent en toute impunité, sans contrainte, qui passent leurs journées à nous dire où ils se trouvent, avec qui, et si ça « lol » !
Seulement, je suis là, moi, et je fais mon petit marché tranquillement, je jauge, j’étudie, je dissèque, je décortique, je mange et me délecte, et puis pour finir : j’en choisis une, je la punis… ou plutôt non, je la délivre…
Hacker de cœurs d’adolescentes, je me vois comme ça. »

Anna Santos a 15 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle est « hyper-connectée ». Comme toutes les filles de son âge, elle possède un compte Facebook. Comme toutes les filles de son âge, elle rêve d’amour. Comme toutes les filles de son âge, elle n’a peur de rien. Elle sera la première victime.
Sara Lopez, « trente plus », comme elle se plaît à dire aux curieux, se démène depuis plusieurs semaines pour stopper la cadence infernale d’un terrible prédateur qui terrorise la capitale. Mais entre une mère castratrice et un collègue sex-friend un peu trop pressant, la jeune capitaine pourrait bien passer à côté de l’évidence…

Chronique :

Pas un jour sans que l’on entende parler, depuis quelques années, des réseaux sociaux. Leurs avantages, partage, rassemblement… mais également leurs dangers. Chris Roy nous délivre ici un récit effrayant parce qu’il touche notre quotidien, mais surtout, celui de nos enfants. Le tueur en série qu’il met en scène prend Facebook comme terrain de chasse. À base de faux profil, il va ferrer ses proies, de très jeunes adolescentes, qui acceptent de parler avec des garçons qu’elles ne connaissent pas. À grand renfort de mots doux, il les convainc de le rencontrer. Il joue, il tue. Puis il se remet en chasse.

La narration est alternée. Le tueur s’exprime à la première personne et nous livre son témoignage, sa vision des faits. Une version assez glaçante, puisque dénuée de toute compassion. Nous assistons ensuite à l’enquête et à la vie quotidienne des policiers en charge de l’affaire. Sara Lopez et Stan Varda se démènent pour retrouver le tueur. De victime en victime, nous apprenons à les connaître d’après un point de vue narratif externe.

Un effet glaçant accentué par la narration

Cette alternance amplifie le côté malsain du tueur, mais en même temps, elle exprime un côté voyeurisme et presque addictif pendant ces périodes du livre où on le lit. Parce qu’en effet, il est presque fascinant de se retrouver dans la tête d’un criminel. Je noterai tout de même un point négatif. Le tueur est assez « productif », et il est parfait difficile de s’y retrouver entre les victimes. Même s’il y a une certaine cohérence (une sorte de logorrhée du tueur due à l’excitation de raconter ses méfaits, pourraient éventuellement donner cette impression de fouillis), je m’y suis un peu perdue alors même que je suis assez coutumière de ce genre de livres.

Ce thriller peut faire très froid dans le dos si l’on a des enfants. Particulièrement des enfants préado ou ado. C’est mon cas, et je dois dire que je me suis retrouvée — avec effroi — dans certains parents décrits par le tueur. Malgré tout, le livre reste un thriller léger, le côté sombre étant juste effleuré. C’est sûrement voulu par l’auteur, et cela lui promet un plus grand public, mais ma préférence va aux histoires plus noires, qui flirtent avec le mal absolu. J’avais également deviné qui était le tueur dès sa première apparition. Une petite déception, même si je n’avais pas tous les tenants et les aboutissants de l’affaire.

Un thriller psychologique léger

J’ai trouvé fort agréable de trouver des policiers un peu plus conventionnels que dans les thrillers. En effet, ici point de flic suranné de la cinquantaine qui est en litige permanent avec sa hiérarchie. On retrouve néanmoins une jeune femme célibataire, qui me fait penser par certains côtés à Lucie Hennebelle chez Franck Thilliez, sans le côté sombre. Le couple de flics qui travaille sur l’enfer est jeune, rafraîchissant, et je dois dire que ça a le mérite de sortir un peu des sentiers battus et des clichés trop souvent utilisés dans ce genre.

« Là-haut les anges » est un bon thriller. Il ravira les lecteurs souhaitant s’initier à ce genre de lecture, ou qui n’aiment pas trop sombrer dans les vices humains. Il pourra laisser sur leur faim les plus habitués, mais leur fera tout de même passer un très bon moment de lecture.

Je ferai également un petit commentaire sur la couverture. Comme Match , et tous les romans des Editions Inspire, « Là-Haut les Anges » possède une couverture très neutre, assez minimaliste. Même si je conçois que ce soit un concept et que cela participe à l’identité de la maison d’éditions, je regrette qu’elle ne soit pas plus travaillée. Je pense que ça doit rebuter certains lecteurs, habitués à trouver un peu du roman sur la couverture.

Infos Pratiques :

Date de sortie 5/10/2017

Publié par : Editions Inspire

Prix du format numérique :  2.99€ chez Amazon

Prix du format broché : 20€ chez Amazon

Cet article m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page À Propos, du site.

 

Une réponse

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :