Il faudra bien que tu paies – Sergio LUIS (auto-édition)

Jody Dawson naît le 03 mai 1923 dans une ferme de l’Oregon aux Etats-Unis. A ses côtés, ses deux parents, inertes, ne l’entendent pas hurler. Greta, fille d’esclave dans cette Amérique de la ségrégation raciale, entend ce cri. Elle est pourtant à plusieurs centaines de mètres de là mais le bébé vient de tisser un fil invisible entre elles. Un fil qui ne rompra plus. Jody est née sous de mauvais auspices, destinée à souffrir sous le joug de son père. Leurs destins seront liés à jamais car elle est une des rares élues, mais elle ne le sait pas encore. Dans cette vie hors normes, chaotique et instable, une chose sera une certitude : que ce soit ici-bas ou ailleurs, il faudra bien qu’il paie.

Premier livre que je lis de Sergio Luis alors que je les ai presque tous, « Il faudra bien que tu paies » est un très bon roman noir contenant une touche infime de paranormal. Noir c’est peu dire d’ailleurs, car il est vraiment très très noir, mais s’arrête (heureusement) juste à la limite du « trop » pour moi. L’intrigue se situe au cœur de l’Amérique profonde à l’époque de la ségrégation et de la prohibition, période qui se prête remarquablement au genre.

L’auteur nous offre trois magnifiques portraits de femmes avec cette histoire déchirante, faite de souffrance et de douleur mais aussi de résilience et d’amour. La jeune Jody, à elle seule, représente l’archétype de l’héroïne émouvante, innocente et tellement forte à la fois. Un récit bouleversant et poignant qui ne peut que toucher ceux qui se sentent concernés par les inégalités et l’injustice dues au sexisme et au racisme.

Un roman dur et violent, avec un premier chapitre d’une très grande intensité dramatique qui annonce d’emblée la couleur. Le tout est servi par un style fort et sensible à la fois, une plume empreinte d’humanité et de compassion qui permet d’adoucir le propos. Une très belle lecture.

 

 

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