Seule survivante d’un tueur en série, l’ancien officier de la police new-yorkaise Carole Anderson lutte chaque jour pour retrouver une vie normale. Son tortionnaire, Rudy Standford, croupit depuis deux ans dans le couloir de la mort. Lors d’une de ses rares sorties dans un lieu public, Carole croit l’apercevoir dans la foule. Bouleversée, elle cède au doute : si l’homme emprisonné était innocent ?

Bientôt de nouveaux meurtres sont commis… Il est temps pour Carole d’affronter les démons de son passé.

Après mon retour sur le tout premier roman que j’ai corrigé (« La Corde de mi » de Christian Guillerme pour ne pas le citer), je viens aujourd’hui vous parler du deuxième manuscrit que j’ai corrigé et de son auteur, celui qui m’a réellement mis le pied à l’étrier : Emmanuel Valnet. A l’époque il écrivait sous le pseudonyme de Lucas Leverger et c’est tout à fait par hasard que je l’ai découvert dans l’indésphère avec son premier roman, « Regarde au fond du lac ». Même si celui-ci était loin d’être parfait, j’ai immédiatement perçu un potentiel énorme dans le travail de l’auteur, et m’en ouvrant à lui, il m’a immédiatement proposé une collaboration. C’est aujourd’hui un véritable ami, cultivé, intelligent, drôle, toujours présent, sur qui on peut compter, et avec qui travailler est un réel plaisir. Mais c’est aussi un très gros bosseur, qui, en à peine quelques années, a fait son trou et est en train de devenir un auteur incontournable. Car croyez-moi, nous allons devoir compter avec lui !

Parce qu’Emmanuel a du talent. Du talent pour inventer des histoires. Du talent pour créer des personnages, pour nous les rendre attachants et intéressants. Du talent pour les descriptions ainsi que pour retranscrire les émotions, les sentiments et les combats intérieurs. Du talent pour nous maintenir en haleine avec des rebondissements inattendus et des fins plus que surprenantes.

« Innocent », sorti il y a un mois chez France Loisirs, est un thriller psychologique qui met en scène Carole Andersen, seule à avoir échappé à un tueur en série kidnappant et torturant des femmes-flics. Devenue auteure à succès et tentant de reconstruire sa vie, entre peurs et névroses, Carole a l’impression d’être suivie et épiée et même de reconnaître son ravisseur. Celui qui croupit dans le couloir de la mort serait-il innocent ?

Le roman est entièrement axé sur le personnage de Carole qui, on le serait à moins, est resté fortement traumatisée par son enlèvement et sa séquestration. Terrorisée par l’avenir et par la foule, elle a démissionné et s’est enfermée chez elle pour écrire. La seule personne qu’elle s’autorise à voir est son amie Tess, un peu horripilante et caricaturale, je vous le concède, mais qui est son exact contraire et qui justement est là pour contrebalancer les tendances neurasthéniques de Carole et aussi le moteur dont elle a besoin pour la pousser dans le bon sens et lui donner des coups de pied au derrière. Avec son aide, elle tente de reconstruire sa vie, de combattre son stress permanent mais aussi de sortir de la vie saine et sportive qu’elle s’est imposée, mais banale et rythmée comme du papier à musique.

Je conçois que le début peut sembler un peu long et répétitif pour ceux qui recherchent le page-turner, mais il s’avère à mon avis nécessaire pour bien comprendre le quotidien de Carole et pour pouvoir appréhender son univers et surtout sa psychologie. Car la psychologie du personnage central est extrêmement importante et détaillée. Carole nous séduit par sa dualité : sa force de survivante mais aussi ses faiblesses de victime. Et n’est-ce pas l’essence même du thriller psychologique que d’instaurer une ambiance, talent qu’Emmanuel Valnet maîtrise parfaitement, tout en distillant subrepticement des indices et des informations ? Sous forme de flashbacks, des épisodes de la vie de l’ex flic nous sont dévoilés qui vont nous en apprendre plus sur son passé et sur ce qui lui est arrivé. Ces retours en arrière permettent à l’histoire de ne pas tourner en rond, donnent du rythme à l’ensemble et montent en puissance au fil des pages jusqu’au jour où tout bascule et où Carole doit faire face à ses peurs, avec l’aide d’un autre personnage qui donnera lui aussi une nouvelle dimension au roman.

Entre rebondissements et fausses pistes, l’auteur nous mène en bateau jusqu’au bout, pour nous livrer un thriller psychologique diabolique avec un twist final tout simplement hallucinant que je vous mets au défi de voir venir !!!

Emmanuel Valnet n’a pas fini de nous surprendre croyez-moi, il possède plusieurs cordes à son arc et son talent revêt de multiples facettes ; pour preuve l’excellent « Omnia Vanitas » dont la suite des aventures de son héroïne est en cours d’écriture, ainsi que… chuuuut…. d’autres surprises à venir…

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