Dans le cadre du salon de Tulle des 19 et 20 mai derniers, j’ai interviewé l’organisatrice et les 15 auteurs présents et je me propose donc de partager avec vous les quelques informations que j’ai glanées.

Aujourd’hui, c’est au tour de Sébastien VIDAL de répondre à mes questions ; le dernier par ordre alphabétique et aussi le plus prolixe !

Après avoir pas mal bourlingué, l’auteur vit en Corrèze d’où il est originaire et où il écrit sous son vrai nom. Jeune retraité de la gendarmerie, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

1/ Si tu devais te définir en 5 mots ?

Nature, eau, amitié, fidèle, rancunier.

2/ Si tu pouvais obtenir un super-pouvoir, lequel serait-ce et pourquoi ?

J’aimerais détenir le pouvoir de guérison.

3/ Quand as-tu commencé à écrire et comment y-es-tu venu ?

Ça remonte à loin. C’est l’écriture qui est venue à moi plutôt que l’inverse. Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, j’aimais écrire : des lettres, des courriers, puis des rédactions dans lesquelles j’aimais raconter des histoires. J’adorais ça. Et cela s’est confirmé au collège où j’attendais avec impatience les cours de français. Je savais au fond de moi que j’en ferai quelque chose un jour. Après mes études, j’ai tenté d’écrire une nouvelle mais abandonné par manque de documentation et de vocabulaire. Quand j’étais gendarme mobile (en déplacement) j’écrivais tous les jours à ma femme. Le déclencheur fut la naissance de ma fille : j’ai raconté son histoire, des premières échographies à ses débuts à l’école, sous forme de journal. L’écriture est devenue alors indispensable. Et en 2008, je me suis lancé ; j’avais l’envie et le thème aussi. J’ai mis deux ans et demi pour écrire mon premier livre. Ce fut une révélation.

4/ Quelles sont tes références en matière de littérature et de cinéma ?

J’ai été élevé dans l’amour de la lecture, c’est un terreau favorable. Mon premier livre a été un recueil de la Comtesse de Ségur, puis à 15 ans, le premier gros choc : « Charlie » de Stephen King ! J’étais terrifié par le méchant. A 17 ans ce fut Saint-Exupéry avec « Terre des hommes », qui est toujours mon livre de chevet actuel. Les autres auteurs qui m’ont marqué sont Michelet, Hemingway, Steinbeck.

Pour ce qui est du cinéma, j’adore les westerns. J’étais fan de la dernière séance ! Clint Eastwood, Michael Mann, Robert Redford… Mais aussi le vieux cinéma français avec Audiard, Lautner, Melville et les acteurs Gabin, Ventura et Belmondo.

5/ Penses-tu qu’un bon auteur s’inspire nécessairement de son vécu ?

Certainement d’une manière inconsciente parce qu’on écrit avec ce qu’on est, ce qu’on a vécu et les armes qu’on s’est façonnées (ne serait-ce que par nos lectures). Une composante inévitable mais pas forcément consciente.

6/ Comment s’imposent tes personnages ? Certains sont-ils inspirés de proches, de connaissances ?

Ils s’imposent, c’est vraiment le mot ! Ce sont eux qui se présentent à moi. Ils arrivent dans les grandes lignes et ensuite je les fignole. Je les vois tous physiquement. Après je fais un travail plus personnel sur leurs caractères, leurs réactions. Je peux m’inspirer des personnes qui m’entourent mais cela reste parcellaire. Walter (le gendarme héros de la trilogie policière) me ressemble un peu et possède certaines de mes caractéristiques, cela lui donne de l’épaisseur et le rend plus crédible. J’essaie surtout de ne pas tomber dans la caricature du flic.

7/ Combien de livres as-tu à ton actif et quel est ton préféré ?

Cinq ont été publiés à ce jour (et un sixième depuis l’interview). Mes préférés sont certainement les deux premiers, deux tomes d’une même histoire qui est vraiment dans l’émotion pure car elle a trait à l’occupation et à la résistance, sujets qui me touchent particulièrement. J’y ai mis toute ma naïveté, tout mon élan enfantin, tout mon cœur.

8/ Qu’as-tu envie de transmettre (dans le sens procurer) à tes lecteurs ?

J’écris d’abord pour moi. Je suis très égoïste au départ : je veux aller au bout de l’histoire et n’ai pas forcément envie de partager et de transmettre. Mais si je peux faire passer un bon moment et faire perdurer l’envie de lire…

9/ Que dis-tu à des lecteurs pour leur donner envie de te lire ?

Je suis loin d’être un bon commercial et je trouve toujours qu’il y a un côté prétentieux à vouloir se vendre. Je me contente d’expliquer ce que j’écris. Du polar rural, avec des gendarmes, pas de tueur en série et l’omniprésence de la nature.

10/ As-tu des rituels d’écriture, des habitudes, des moments particuliers ?

Non, je peux écrire n’importe où, à n’importe quel moment et dans n’importe quelles conditions. Je n’ai d’ailleurs pas de porte à mon bureau. J’aime entendre les bruits de vie de ma famille et rester disponible. Par contre, je n’ai pas une grande puissance d’écriture. Au bout de 3 heures je suis vidé. Depuis que je suis à la retraite, j’écris plutôt dans la journée et mon seul « rituel » est de commencer toujours par relire les deux-trois dernières pages afin de me remettre dans le bain. Et cela peut parfois durer plus de temps que prévu car il m’arrive de faire des modifications. Comme un échauffement en quelque sorte.

11/ Et la lecture alors, est-elle toujours présente et ton œil a-t-il changé sur les écrits des autres ?

Oui toujours ! Je suis assez éclectique même si je lis pas mal de polars. Des auteurs étrangers : Ron Rash, R.J. Ellory, Jim Harrison, Elmore Leonard ou Craig Johnson, mais aussi des français comme Antonin Varenne, Guillaume Audru, Pascal Dessaint, Sandrine Collette et Maud Mayeras, Caryl Ferey et Franck Bouysse.  J’ai une analyse et un œil un peu plus techniques, cela permet d’apprécier encore un peu plus la qualité du travail.

12/ Avec qui aimerais-tu ou aurais-tu aimé écrire à 4 mains ?

Je ne crois pas que j’en aurais envie… C’est très personnel et très égoïste l’écriture et je me régale tout seul. C’est une activité que je n’envisage que seul.

13/ Peux-tu nous parler du livre en cours d’écriture et de tes projets littéraires ?

Je suis en train de terminer le troisième tome de la trilogie mettant en scène Walter Brewski (il est sorti depuis aux éditions Lucien Souny). Le thème de « Woorara » était la vengeance, celui de « Carajuru », la honte, celui de « Akowapa » est la cupidité. C’est une histoire plus noire que les précédentes, avec une enquête moins présente. Ensuite, je vais offrir des vacances à mes personnages.

14/ Quelle est la question que tu aimerais qu’on te pose et qu’on ne te pose jamais ?

« Quelle est la chronologie de la construction de tes romans ? » Réponse : je pars toujours d’une idée (une situation, un personnage ou un fait divers qui fait surgir le thème). Pour ma trilogie, par exemple, c’était les sentiments noirs. Ensuite, je cogite sans écrire et l’histoire arrive. En gros, je sais où je vais mais je ne sais pas comment. Je ne connais pas encore la fin. Au fur et à mesure de l’histoire, les personnages se pointent les uns après les autres.

15/ Et pour finir, une question subsidiaire : slip, caleçon ou boxer ?

Boxer.

 

Merci Sébastien de t’être prêté au jeu !

Merci encore à toi et à tous ceux qui ont répondu favorablement à mes sollicitations avec une grande gentillesse et beaucoup d’intérêt. Ce fut un plaisir d’apprendre à mieux vous connaître dans ces apartés plus personnelles.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :