Rien n’avait préparé Julian Stark à une telle vision ce matin-là.
Alors qu’il rentre chez lui pour évacuer sa maison menacée par un incendie de forêt, il trouve Charlie, sa fille de seize ans, au lit avec son beau-fils Leny.
Certaine que son père va les séparer, Charlie persuade Leny de fuguer, direction le Sud-Ouest. Son idée : rallier la ZAD (zone à défendre) de l’Atlantique, située sur l’île d’Oléron. Là-bas, ils seront en sécurité le temps que Julian se calme. Là-bas, surtout, se trouve Vertigo, un homme charismatique dont elle écoute la voix sur les ondes depuis des mois. Vertigo, le leader de l’Armée du 12 Octobre, groupe d’écologistes radicaux.
Ce que la jeune fille ignore, c’est que la ZAD abrite des activistes prêts à tous les sacrifices pour défendre leur cause, et qu’en s’y réfugiant, elle précipite sa famille dans une tragédie qui les dépasse tous.

Après la tétralogie culte Les Voies de l’ombre, après la série choc W3, voici venu le temps d’ Islanova. Un nouveau projet ambitieux, addictif, réponse romanesque de Jérôme Camut et Nathalie Hug aux contradictions de notre société.

Jérôme Camut et Nathalie Hug font partie de ces quelques auteurs dont je lis tous les romans, sans me poser de questions, parce que je sais que je vais obligatoirement passer un bon moment. Islanova n’y a pas fait exception. D’autant plus qu’il se déroule près de chez moi, dans des lieux que je connais fort bien.

Tout en étant un roman indépendant, il reprend certains personnages dont nous avons fait la connaissance avec la trilogie W3 et que j’ai été heureuse de retrouver dans de nouvelles aventures. Un court roman intitulé « Rejoins-nous dans l’armée du 12 octobre » nous met l’eau à la bouche et nous « préface » aussi ce nouveau pavé.

Un pavé de livre, mais aussi un pavé dans la marre ! Car les auteurs nous offrent une histoire qui pourrait bien arriver dans un futur proche, abordant et mêlant différents thèmes d’actualité tels que les attentats, l’endoctrinement, l’écologie, le réchauffement climatique, la création des ZAD, la guerre de l’eau, l’indifférence des pays riches à l’égard des pauvres, la politique assujettie aux lobbies et aux intérêts financiers… et encore tant d’autres.

Un roman d’aventure, d’action, très noir, mais empreint aussi de grands sentiments et qui ne manque pas de provoquer la réflexion. Comment rester insensible à l’évocation des maux qui gangrènent notre société ? (extrait : « ce monde où l’on regarde des enfants mourir en prenant l’apéro devant la télé »). Comment résoudre ces faits devenus récurrents ? Bien sûr la violence et le terrorisme ne sont pas la réponse… Mais l’inactivité non plus ! Alors qu’on nous exhorte toujours plus à acheter des objets plus ou moins utiles à l’obsolescence programmée, comment ne pas penser aussi que nous avons programmé nous-même la fin de notre planète, que nous vivons à crédit déjà depuis un certain temps et que ce crédit diminue comme peau de chagrin. Que ferons-nous ensuite ??? Alors oui, le monde peint par les Camhug est noir et pessimiste,  prêt à subir l’apocalypse, mais n’est-ce pas ce qui nous attend à plus ou moins brève échéance si on ne fait pas quelque chose très vite ? Sans donner de réponse ni prendre parti, les auteurs nous imaginent des histoires trouvant leurs racines dans des faits réels et nous poussent dans nos retranchements afin que nous nous posions les bonnes questions. Avant qu’il ne soit trop tard…

Comme toujours, ni les lecteurs ni les protagonistes ne sont épargnés, les scènes et les mots sont crus, la violence est omniprésente, le suspense est continu grâce à des rebondissements mais aussi à des chapitres courts sautant de personnage en personnage pour nous donner une vision de chacun et nous permettre de suivre tout le monde.

La fin m’a un peu déstabilisée… à moins que ce n’en soit pas une et qu’une suite soit envisagée…

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