Depuis cet hiver 2010, les Verley tentent de survivre à la disparition de leur fille cadette. Si Agathe en particulier ne peut s’y résoudre, c’est qu’on n’a jamais retrouvé le corps de Juliette. Et alors que tout le monde l’encourage sur le chemin du deuil, sa rencontre passionnelle avec un homme plus qu’énigmatique va raviver le souvenir et l’obsession dans son cœur. C’est en tissant des liens avec le passé qu’elle finira par comprendre l’effroyable destin de Juliette.
Ce thriller psychologique qui répète l’écho lointain et persistant d’une souffrance familiale, monte en puissance jusqu’à son dénouement saisissant.

J’ai découvert Frédérique Hoy à l’occasion de la sortie du recueil « Tous pour Boilt » auquel elle a participé avec une nouvelle qui figure parmi mes préférées. Par la suite nous avons échangé à ce sujet et elle m’a confié qu’elle avait apprécié ma propre nouvelle et qu’elle pensait que nous avions une « sensibilité commune ». M’étant déjà procuré son roman par l’entremise d’Amazon, et curieuse de vérifier cette assertion, je lui promis de le lire rapidement.

Le risque était grand pour n’importe quel auteur, et quel que soit son livre, de passer après « Emulsion » de Vanaly Nomain qui fut une révélation et un énorme coup de cœur. C’était d’ailleurs un peu la crainte de Frédérique qui s’en est ouverte à moi au début de ma lecture. Quant à moi, je n’y ai même pas pensé et ai débuté ce livre sans appréhension ni a priori.

En tout premier lieu, j’ai apprécié le titre du roman et particulièrement la couverture que je trouve tout simplement sublime. Puis, mes yeux et mon cœur se sont arrêtés sur la citation figurant au début du livre. « Le silence était comme un buvard dans lequel on avait peur d’entendre les mots s’enfoncer et disparaître. » René Barjavel (La nuit des temps). Car non seulement cette phrase est de l’un des auteurs que j’admire le plus, mais de surcroît elle est tirée de l’une de mes œuvres préférées entre toutes. Après ça, c’est plus que confiante et inspirée que je me suis immergée dans l’histoire…

Tout de suite je me suis aperçue que le style de l’auteure me correspondait totalement. Je veux dire par là que je le goûte au plus haut point : syntaxe parfaite, expression recherchée, richesse du vocabulaire mais sans exagération, les mots sont choisis autant pour leur sonorité à l’oreille que pour leur résonance à l’esprit afin de sublimer les portraits, les descriptions, les ressentis et les sentiments.

Ensuite les personnages, auxquels on pourrait s’identifier sans problème tant ils font partie de notre monde, de notre quotidien et pourraient être nos collègues, nos voisins, nos amis, moi… ou vous.

L’histoire enfin, qui même si elle commence doucement, et ce bien que le drame soit évoqué dès le début, nous paraît évoluer tout d’abord plus légèrement que prévu sur fond de romance et de reconstruction qui parle d’amour et d’espoir. C’est là que réside le leurre.  A la moitié, les choses s’accélèrent et le rythme s’intensifie. Même si on est dans le noir dès le début avec la disparition de Juliette et les affres qui tourmentent ses parents, on ne prend réellement la mesure de toute l’ampleur de l’horreur que dans les révélations finales. Quant à la toute fin, elle m’a carrément fait monter les larmes aux yeux et j’ai compris à ce moment-là ce que voulait dire l’auteure en me parlant de « sensibilité commune ». Car je n’aurais pas vu moi-même d’autre dénouement que celui-ci…

C’est le genre d’histoire que j’affectionne particulièrement, avec des sentiments, de la gravité, mais aussi de la légèreté, du bonheur et de la peine, de la beauté et de l’horreur ainsi qu’une part de réflexion… tout ce qui fait la vie quoi !

Comme moi, laissez-vous embarquer dans cette histoire terrible et douloureuse, à l’intrigue captivante et palpitante contée habilement, avec maîtrise et élégance. Les rebondissements et le suspense en font au final plus un thriller psychologique, un véritable page-turner qui se dévore très vite.

Je dois reconnaître que je suis tombée sous le charme de cette tragédie touchante et terrifiante, ainsi que sous celui de cette auteure, au demeurant très accessible, ouverte et fort sympathique. Et je lirai très prochainement et avec grand plaisir son autre roman « Lune ou l’autre » qu’elle m’a spontanément et gentiment offert. En attendant la suite de celui-ci…

4 Réponses

  1. Freddie Hoy

    Quelle magnifique chronique Sophie ! Je suis très touchée (et heureuse que mon ressenti de départ soit partagé ) Je t’en remercie de tout cœur.

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    • Sophie Ruaud

      Merci à toi Frédérique, je n’ai fait qu’exprimer les ressentis que cette lecture a suscités en moi.

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  2. Nisa lectures

    Tiens je n’avais jamais fait le lien entre la Sophie dont je lis les chroniques et la Sophie dont j’ai eu un coup de coeur dans le fameux recueil.

    Pour la nouvelle de Frédérique aussi, et ton avis me donne envie 😉

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