Belgique, été 2006. Un promeneur découvre un corps sauvagement mutilé.

Elle émerge lentement, aveuglée par un projecteur. Nue et enchaînée à une table métallique. Près d’elle, un homme portant un masque de porc installe une caméra. Il se retourne vers l’objectif et prononce quelques mots avant de saisir un marteau : « J’ai bien reçu vos paiements. Nous allons pouvoir commencer conformément à vos directives. » Belgique, été 2006. Un promeneur découvre un corps sauvagement mutilé. Contraint d’intégrer la section criminelle d’un village tranquille, Matt entame sa première enquête. Rien ne pouvait le préparer à ce qu’il va découvrir. Tiré de faits réels, Jack Jakoli vous invite à prendre part à une terrible descente aux Enfers…

Grâce à ce thriller basé sur des faits réels, découvrez l’enfer des red rooms…

 

C’est dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus 2019, pour lequel je suis jurée dans la catégorie « Littérature noire », que j’ai lu La catabase de Jack Jakoli, qui figure parmi les cinq livres en finale.

Je tiens à préciser qu’il ne faisait pas partie de ma présélection et je vais vous en exposer les raisons, mais sachez tout d’abord que, pour départager les nombreuses soumissions, nous avons à notre disposition trois éléments : la couverture, la quatrième et les dix premières pages. Et avant d’effectuer ce choix, nous devons éliminer ceux qui présentent plus de trois fautes dans le résumé et dans l’extrait.

 

Au vu des retours parus sur les groupes de lecture, je savais que ce livre faisait partie d’une catégorie que je n’apprécie absolument pas : celle qui contient des scènes très gore et trash de tortures. Le genre que j’évite le plus possible. Je refuse même de lire certains auteurs qui sont inscrits sur ma « liste noire ». Mais, étant liée par un contrat moral, j’ai dû me contraindre à cette lecture, tout en sachant par avance que ce serait un dur moment à passer. Non seulement je crains les tortures, lorsqu’elles sont vécues en direct et non « simplement » répertoriées par un légiste, mais quand, en plus, elles sont tirées de faits réels, j’ai vraiment, mais vraiment du mal. Et celles-ci se sont avérées encore pires que ce à quoi je m’attendais ! J’ai détesté ces premières pages. Je les ai trouvées abjectes, immondes, écœurantes, abominables, insoutenables, répugnantes, monstrueuses, à vomir…  Je n’ai pas assez de mots pour qualifier ce que j’ai ressenti. Je hais décidément ces débauches d’horreur gratuite. Et d’ailleurs je ne comprends pas qu’une mention « Pour public averti » ou « Déconseillé aux âmes sensibles » ne figure pas sur la quatrième. On ne la trouve qu’à l’intérieur. C’est pour ces deux raisons, essentiellement, que je ne l’ai pas inclus dans ma présélection, même s’il y en avait d’autres que je vais vous exposer par la suite. D’aucuns se demanderont pourquoi, dans ce cas, je lis beaucoup de noir, de policier et de thriller. Et je leur répondrai que le gore, le trash et la violence gratuite poussée à ce point dans les descriptions, les détails et la cruauté n’apportent rien, à mon sens, à la qualité du roman. Pour moi cela reste surtout une forme de racolage très vulgaire. Je ne comprends absolument pas cet engouement pour ce voyeurisme malsain très à la mode que présentent de nombreux lecteurs et surtout d’innombrables lectrices, d’autant que les victimes de sévices sont presque toujours des femmes ou, comble de l’horreur, des enfants. Un manque d’empathie ? Un moyen de se sentir vivant ? Comme celui de s’arrêter sur la route devant un accident pour regarder la mort en face, voire filmer avec son téléphone ? Cela me fait surtout penser aux châtiments et aux exécutions publiques du passé ainsi qu’aux jeux du cirque. Mais, je crois que j’ai assez développé cet argument, qui m’est tout à fait personnel, et je vais poursuivre sur le reste.

Je me suis donc attelée à la lecture de ce livre sans gaieté de cœur aucune, mais j’ai essayé de ne pas partir avec un a priori, afin de rester le plus juste possible concernant les autres points.

Pour continuer avec les aspects négatifs de ce roman (comme ça on finira par les positifs), je n’ai pas été emballée par le style. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est mal écrit, mais je n’y ai rien trouvé de particulier, de spécial ou d’original, pas la moindre petite étincelle pour me faire vibrer. En fait je trouve qu’il pâtit surtout de pauvreté. Peu de coquilles subsistent mais, hormis quelques belgicismes tout à fait compréhensibles, puisque l’auteur est belge, j’y ai aussi trouvé des expressions et des tournures de phrases incorrectes qui m’ont quelque peu dérangée voire qui n’ont même pas de sens.

Enfin, le stéréotype du tueur qui s’attaque aux femmes parce que sa maman a été dure avec lui quand il était petit, un peu trop récurrent à l’heure actuelle selon moi dans les livres ou les films, a vraiment tendance à me taper sur les nerfs.

En ce qui concerne les côtés que j’ai appréciés dans ce roman, je dois reconnaître que j’aime beaucoup le titre, dont voici la définition : « La catabase est la descente de l’esprit, soit imaginaire, soit rituelle, soit spirituelle. Elle a lieu soit en enfer, soit au royaume des morts, soit à l’intérieur de la Terre. Le but est nécromantique, chamanique, initiatique ou symbolique. Selon l’ancienne tradition grecque, une catabase est la descente effectuée de plein gré par un homme vivant dans le royaume des morts, l’Hadès. » Il est évident que ce titre est donc fort en adéquation avec l’histoire, et cela, de plusieurs points de vue. Il n’est pas question là des victimes, puisqu’elles ne sont évidemment pas consentantes, mais bien des tueurs, des enquêteurs, ainsi que des lecteurs et peut-être aussi de l’auteur qui, rappelons-le, fait lui-même partie des forces de police belges.

D’autre part, la trame narrative est intéressante et le récit est très rythmé. Il n’y a pas de temps mort, le suspense est présent tout du long et l’intérêt maintenu jusqu’à la fin. Et, cerise sur le gâteau de l’enfer, ma surprise a été totale quant à un élément, une identité, que je tairai afin de ne rien dévoiler de l’intrigue.

Une chronique plus que mitigée quand même, à contre-courant de toutes celles que j’ai pu voir passer ces derniers temps. Et aussi la plus longue que j’aie jamais écrite à ce jour !

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