Il est temps pour moi de vous parler de La loi des hommes de Wendall Utroi, sorti récemment aux éditions Slatkine & Cie, et dont j’avais corrigé la première version il y a plus d’un an. Wendall Utroi est un auteur que je suis de près depuis déjà plusieurs années, depuis le moment où j’ai découvert ses écrits avec L’enjeu.

Ce thriller m’avait embarquée et donné envie de continuer à le lire quel que soit le genre de ses romans. Suivirent Wanda, Un genou à terre, Comme un phare dans la tourmente, la duologie de la légende des Klungs avec Le dompteur de pluie et Le grand chamboulement, La tête du lapin bleu, rebaptisé Les yeux d’Ava à l’occasion de sa sortie au Livre de poche et enfin Mama Finger. Tous différents, tous excellents. Car l’auteur ne s’est jamais enfermé dans un genre particulier si ce n’est dans celui de créateur d’émotion(s). Parce que voilà bien le dénominateur commun de tous ses romans : les fortes émotions qu’il suscite et fait ressentir à ses lecteurs.

Avec La loi des hommes, cela se retrouve encore. Ce titre, difficile à classer, comme beaucoup des livres de l’auteur, est un roman historique, un drame psychologique poignant, mais il s’insère surtout dans un cadre de roman noir à la limite du témoignage, car il est tiré de faits réels qui se sont déroulés en Angleterre au 19è siècle. On remarquera d’ailleurs la somme très importante de recherches qu’a menées Wendall  Utroi sur son sujet ainsi que sur la vie quotidienne qui avait cours à ce moment-là.

Résumé : Une plongée glaçante dans le Londres de l’époque victorienne.

Jacques est homme à tout faire pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord. Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre des mémoires, rédigées en anglais. Aidé par sa fille, il se met en tête de les traduire, et comprend que leur auteur est un inspecteur des mœurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

L’aller-retour entêtant, entre hier et aujourd’hui, entre cette loi des hommes et les violences faites aux femmes.

Une partie du roman se déroule en France de nos jours, l’autre au Royaume-Uni il y a plus d’un siècle et nous assistons à un véritable ballet entre les deux époques au gré des chapitres. Le Londres victorien prend vie sous nos yeux, tant et si bien que nous finissons pas distinguer le brouillard, renifler les effluves nauséabonds des bas-fonds et ressentir l’humidité émanant de la Tamise. La misère du bas peuple nous submerge, l’immersion est totale et, alliée à l’empathie dont fait preuve l’auteur vis à vis de ses personnages, et dans l’ensemble à l’égard de ses congénères, elle nous pousse à nous identifier à ses héros, à souffrir ou bien à nous horrifier avec eux.

Quelle histoire terrible en effet que celle qu’il nous conte avec tant de réalisme ! Un scandale parmi d’autres dans la mémoire d’un de nos pays européens, pourtant soi-disant « développés » bien avant d’autres. Cela paraît malheureusement aujourd’hui encore bien trop d’actualité dans certains états et affiche une régression évidente dans le nôtre… Un récit bouleversant, qui nous malmène autant que le héros qui se bat, seul, contre sa hiérarchie et certaines personnes bien nées et/ou haut placées. Les personnages sont finement travaillés, complexes et profondément faillibles, ce qui leur donne de la force, une indéniable authenticité et beaucoup d’épaisseur.

Enfin, ce roman, qui est aussi un policier historique avec une enquête dont le suspense est loin d’être absent, est remarquablement mis en valeur par une plume riche et sensible qui nous offre mots surannés et tournures désuètes se prêtant admirablement à l’époque à laquelle il est situé.

Une vraie réussite !

2 Réponses

    • Sophie Ruaud

      Cher Wendall, comment le pourrais-tu ? J’ai lu tous tes romans et aucun ne m’a déçue ; je suis très confiante en ton talent, je sais que cela continuera <3

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