Isulka est une mageresse marginale, un peu vénale, mais surtout très endettée, vivotant en donnant des spectacles de magie dans des cabarets parisiens. Scipione est un spadassin vénitien comme on n’en fait plus, un reliquat du passé exilé de la Sérénissime, trahi par ses pairs et en quête de Vendetta.

Recrutés par un employeur anglais pour subtiliser une bague de rubis, la mission se révèle sous un tout autre jour lorsqu’ils découvrent la valeur du joyau. L’appât du gain les mènera de Paris au Caire, de coups bas en coupe-gorges, dans une course-poursuite avec des espions, des criminels et une inquiétante secte égyptienne…

Chronique :

Isulka est une magicienne. Enfin, non. Elle se définit comme « mageresse ». Le féminin de « mage ». Pure néologisme, puisque le mot mage est exclusivement masculin, à l’époque où évolue notre héroïne comme de nos jours. Mais lancer des boules de feu dans les cabarets parisiens ne lui suffit pas pour vivre, alors elle emprunte de l’argent à des hommes peu recommandables. Et devient voleuse de temps à autre, histoire de survivre. Reconnue pour ses talents dans ce milieu, elle est mise en relation avec un riche anglais qui souhaite mettre la main sur un rubis a priori anodin. N’ayant pas le choix, puisque son usurier exige, d’une manière un peu violente, qu’elle rembourse immédiatement ses dettes, Isulka s’engage, de mauvaise grâce, à récupérer la pierre. Elle sera accompagnée de Scipione, un bellâtre italien toujours affublé de son épée, qui n’est, quant à lui, qu’animé par la vengeance. Les deux voleurs ne se font absolument pas confiance, et le lecteur assistera à un jeu du chat et de la souris très bien mis en scène.

La première partie du roman se déroule à Paris, la seconde en Egypte. Les scènes parisiennes sont très réalistes, et l’ambiance victorienne, à la limite du steampunk, donne un parfum suave, sucré et âcre à l’histoire. Les descriptions, très visuelles, permettent au lecteur de s’immerger complètement dans l’univers de Dorian Lake, et de parcourir les nuits du Paris d’époque avec délectation, comme si on y était. La partie égyptienne étant plus ancrée dans le registre fantasy, l’accent est plutôt mis sur l’imaginaire que sur les descriptions. Le rythme y est plus rapide, l’action prend le pas sur l’observation. Tout cela donne une impression de mouvement, qui permet au lecteur d’accompagner les protagonistes dans leurs voyages, l’impliquant totalement au cœur du récit.

L’intrigue, quant à elle, est savoureuse. Déjà vue, c’est certain : un air d’Indiana Jones, un soupçon d’Orient Express, peut-être même une bandelette de La Momie. Mais mise en lumière par une plume précise et un style sans fioriture, servie par des personnages étoffés, complets, et complexes, la quête d’Isulka passionne. Fait rire aussi, par moment. Parce que si le roman est écrit d’une manière très sobre, on sent bien que l’auteur ne se prend pas au sérieux. Le livre est truffé de pointes d’humour. Alors certes, ne vous attendez pas à ce que cette lecture bouleverse votre vision de la vie et provoque en vous des questionnements métaphysiques. Ce roman de fantasy victorienne n’a d’autre ambition que de vous faire passer un bon moment. Et de vous emmener dans un ailleurs familier.

Dorian Lake est doué pour ça : Isulka, (comme d’ailleurs Taylor Vasquez,  autre héroïne de l’auteur) vous prend par la main et vous balade dans son univers en vous regardant d’un air doux mais malicieux. Et quand elle vous lâche, ce n’est que pour vous promettre de nouvelles aventures, encore plus passionnantes.

Infos pratiques :

Date de sortie : Avril 2018

Editions : Noir d’absinthe

Prix du format numérique : 5.99€ sur Amazon

Prix du format broché : 268 pages  17.90€ sur Amazon

Site de l’auteur : http://dorianlake.blogspot.com/

Cet article m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur en service de presse. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page À Propos, du site.

 

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