À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence d’Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

A l’occasion de la sortie du dernier roman de Joël Dicker, je me suis enfin décidée à lire ce livre qui était dans ma pal depuis plus d’un an. D’autant que la série qui en est adaptée sera diffusée à la télévision française en avril.

N’en ayant entendu que du bien de la part de mes ami(e)s de lecture (hormis une qui se reconnaîtra dans mes propos), je ne doutais pas le moins du monde de l’apprécier. Cependant je me dois de préciser que j’ai été un peu surprise, parfois décontenancée, par l’écriture. Par deux petites choses en fait. Tout d’abord, j’ai remarqué des bizarreries dans l’expression que j’ai en premier lieu imputées à une traduction peu soignée, avant de me rappeler que l’auteur était suisse et que peut-être cette étrangeté ne venait que d’un « français » un peu différent du nôtre, tout comme on peut le constater aussi en Belgique ou encore au Québec. Deuxième chose, pour moi un peu plus ennuyeuse : les propos que prête l’auteur aux adolescents, et notamment à Nola, me paraissent se situer dans un registre de langage inapproprié à des jeunes de 15 ans et leur façon de parler, trop riche, trop académique, trop « parfaite », quasi improbable.

Hormis ces deux petites remarques, je n’ai que des éloges  en faire. Je sais que certains se sont plaints de longueurs dans le récit mais ce n’est absolument pas mon ressenti. Les allers-retours dans le temps sont pour moi absolument nécessaires et permettent de préciser les faits, les liens entre les différents et nombreux protagonistes, voire de nous égarer parfois.

On découvre petit à petit le portrait de chaque personnage, des épisodes marquants de leur vie, des scènes anodines ou importantes qui ont eu lieu au moment de l’affaire et on se rend compte que chacun sait et tait ou transforme quelque chose. Entre lettres de corbeaux, menaces à peine voilées, secrets enfouis depuis des lustres, refus de parler, soupçons, l’auteur nous distille des informations au compte-gouttes et on se pose des questions tout au long de la lecture. Suivant de fausses pistes et faisant face à de multiples rebondissements, on croit deviner plusieurs fois, et puis un nouvel indice apparaît, une nouvelle piste se profile, un nouveau mobile se fait jour pour nous faire entrevoir un nouveau suspect auquel on n’avait pas pensé jusque là .

L’humour n’est pas absent, loin de là. Par exemple, sa façon de relater l’histoire de la « pipe présidentielle » ainsi que les réparties de la mère de Marcus Goldman, caricature de la mère juive, m’ont beaucoup fait rire.

J’ai énormément apprécié l’histoire de ce roman, auquel il est difficile de coller une étiquette. Un peu thriller, un peu polar, c’est surtout un roman choral comme le définit lui-même son auteur, qui touche à pas mal de sujets et présente « une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias. » Sans oublier une certaine philosophie de la vie, une vision romanesque de l’amour et du destin, parfois très poétique.

Extraits : « Et j’ai réalisé à cet instant (…) que je n’avais probablement jamais connu l’amour. Que beaucoup de gens n’avaient certainement jamais connu l’amour. Qu’ils se contentaient au fond de bons sentiments, qu’ils se terraient dans le confort d’une vie minable et qu’ils passaient à côté de sensations merveilleuses, qui sont probablement les seules à justifier l’existence. (…) Des gens croient qu’ils s’aiment, alors ils se marient. Et puis, un jour, ils découvrent l’amour, sans même le vouloir, s’en sans rendre compte. Et ils se le prennent en pleine gueule. (…) La vérité ne change rien à ce que l’on peut éprouver pour autrui.  C’est le grand drame des sentiments. »

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