Côtes danoises, hiver 865

Sven aime la mer. Il aime les raids, il aime les femmes, il aime son peuple et l’aventure mais… depuis peu, il se prend à rêver de semailles et de moissons, de terres et de cultures et, pourquoi pas, d’une femme, d’un foyer, d’une famille.

Une grande expédition est prévue au printemps. Les rives anglo-saxonnes. Cela tombe bien ! Il paraît que leurs femmes sont belles et leurs terres fertiles. C’est décidé : il en sera, et poussera ses compagnons de félag à s’installer également. Une épouse, une ferme, un commerce florissant vers le Jutland, et à lui le bonheur d’une vie nouvelle !

Mais quand on n’est rien d’autre, aux yeux de la femme de ses rêves, qu’un païen, un barbare, un envahisseur aux mœurs cruelles… quand on est l’amant d’une femme jalouse et le sujet d’un roi cupide… l’entreprise s’annonce difficile !

 

Après avoir dévoré Pour l’amour d’une Sasunnach, j’ai décidé de retenter l’expérience L’amour, la mer, le fer et le sang, alors second (et aujourd’hui deuxième) roman d’Aurélie Depraz.

Il en résulte cette chronique qui est la première où je parle d’un livre écrit par un auteur dont j’avais déjà présenté un livre dans une précédente chronique.

 

Présentation du contexte historique:

En 865, nous sommes dans le haut Moyen Âge (le début du Moyen Âge si vous préférez), 72 ans après le raid Viking sur Lindisfarne (en 793) qui marque le début de la période des raids vikings sur l’Europe.

Le traité de Verdun a été signé il y a 22 ans et personne ne se doute qu’il va générer une longue série de guerres qui s’étendra sur onze siècles. Je vous laisse redécouvrir l’Histoire de ce traité dans la vidéo pourvue de sous-titres en français jointe ci-dessous.

 

J’insiste sur l’importance de ce traité pour le contexte de l’histoire ce livre car les fils de Louis le Pieux prirent la décision d’engager des mercenaires vikings pour attaquer leurs frères. Cette décision se retourna contre eux en dopant les raids des vikings qui avaient plus de raisons d’attaquer et qui devinrent plus riches, forts et familiers avec la géographie des lieux. L’histoire ne se déroule certes pas en France, mais il ya des allusions à cela (sauf erreur de ma part) dans l’un des premiers chapitres du livre (j’ai donc pensé que ces informations vous aideraient à mieux comprendre les passages susmentionnés).

Le roman que nous étudions ici se base sur un mélange entre Histoire et légende. Nous savons qu’il y a bel et bien eu un raid Viking dans le cadre spatio-temporel dans lequel l’histoire de ce livre se déroule, mais une  bonne partie de ce raid relève pour l’heure de la légende plutôt que de l’Histoire (sauf erreur de ma part). La légende susmentionnée n’est autre que celle du célèbre Ragnar Lodbrok (je parle bien entendu du personnage « historique » et pas de son homologue de la série vikings) que je vous laisse découvrir dans la vidéo jointe ci-dessous.

 

Au-delà de la légende de Ragnar Lodbrok, Aurelie Depraz se base sur un passage important de l’Histoire de l’Angleterre et des vikings. En effet, 865 est la date à laquelle la Grande Armée païenne, également appelée « Grande Armée danoise » ou simplement « Grande Armée » (à ne pas confondre avec celle de Napoléon ou celle d’Ocatarinetabellatchitchix) débarqua en Angleterre. Cette armée a laissé de nombreuses marques sur l’Angleterre. Parmi ces marques, il y a des mots qui font aujourd’hui parti de la langue de Shakespeare. Je dois aussi mentionner les gènes. Quand je regarde ma photo de classe de quand j’étais en maternelle à York, il y a effectivement beaucoup de petites têtes blondes parmi mes camarades de classe. Et tant qu’à parler d’influence sur le monde d’aujourd’hui et de l’Angleterre du moyen-âge, j’aimerai vous recommander le visionnage de la vidéo (pourvue de sous-titres en français) jointe ci-dessous. Elle traite de Beowulf, une histoire rédigée en vieil anglais qui contribua à inspirer l’univers de Tolkien et Skyrim.

C’est une histoire qui est également très intéressante à étudier sur le plan des ressorts scénaristiques car elle comporte l’un des tous premiers exemples de Mary Sue de l’Histoire de la littérature. Je ne sais pas si elle compte comme viking et je sais que je passe un peu de coq à l’âne, mais je pense que vous êtes néanmoins contents d’avoir découverts cette histoire.

Si vous souhaitez en savoir plus (afin de pouvoir encore mieux apprécier ce livre au prix d’un bon moment passé sur la toile):

Pour les Vikings en tant que peuple et civilisation (si j’ose m’exprimer ainsi),

cet épisode de Quelle aventure (présenté par Fred et Jamy),

cette vidéo de la prof,

cette vidéo de Doc Seven,

 

Ce livre fait de nombreuses allusions à la mythologie viking. Si vous ne vous y connaissez pas ou pas assez, je peux vous recommander…

cette vidéo de La Chaîne d’Alex,

cette vidéo de Nota Bene,

ces vidéos (en anglais, pourvues de sous-titres en français) d’Extra Credits,

 

Mon avis sur ce livre:

-Défauts :

Il faut que je… que je me permette une remarque, je crois qu’elle… qu’elle a fait un petit anachronisme qu’on voit à peine dans le livre (et qui n’a pas une grande influence sur l’histoire) à la page 53: les pommes de terre viennent d’Amérique et n’ont été introduites en Europe que plusieurs siècles après la période pendant laquelle cette histoire se déroule (c’est du moins ce que disent tous les liens joints ci-dessous).

https://www.youtube.com/watch?v=oEtqLJOgT28

https://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/aliments/pommes-de-terre/petite-histoire-de-la-pomme-de-terre

https://www.farm.coop/histoire-pomme-de-terre/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_pomme_de_terre

Je sens que je vais finir comme Links dans cet extrait du NMT sur Je suis de BigFlo & Oli.

 

Mais c’est pratiquement tout ce que je trouve à reprocher à ce livre.

Je m’interroge sur si ce livre comporte un ou des Deus ex machina, mais je ne me sens pas en mesure de trancher cette même question de la même manière que je ne me sens pas en mesure de parler des clichés de romances (comme je n’en lit presque pas).

 

-Qualités:

J’ai beaucoup aimé ce livre. C’est certes en partie dû au fait qu’il m’a rappelé mon enfance, mais c’est loin d’être la seule raison pour laquelle je l’ai dévoré.

Je trouve l’histoire d’un homme qui veut conquérir une terre et une femme (zeugma) très intéressante.

Ce livre est également plein à craquer de rebondissements.

J’aime beaucoup le fait que ce livre nous montre un homme qui préfère une femme qui lui résiste et qui est chaste à une nymphomane. Cela permets de créer un héros intéressant qui prouve que les hommes ne pas sont tous des êtres libidineux qui ne pensent qu’avec leurs organes reproducteurs (ce que d’autres fictions feraient apparemment).

Je tiens aussi à souligner le réalisme concernant la perception de Dieu par les vikings. II y avait réellement des vikings qui se contentaient d’ajouter Dieu à liste des dieux auxquels ils croyaient déjà.

Je suis tombé des nues quand j’ai appris que le terme de Drakkar était une invention de la France romantique du XIXème siècle. Cette révélation contribua à ma réflexion sur mon sujet de master.

Je me sens comme Stephen Strange face à l’ancien quand je vois toutes les informations insolites et méconnues que je ne connais pas et qu’Aurelie Depraz parvient à trouver. Je pourrai continuer à en parler, mais j’aurai là encore du mal à ne pas me répéter, donc nous allons passer à la suite.

L’aigle de sang qui est évoqué dans le livre est lui aussi un mélange entre l’Histoire et la légende pour des raisons dont je laisse l’explication à Links the sun. Si je m’en remets à l’épisode de Weapons that made britain sur le bouclier il se pourrait que ce supplice ait été prévu pour Alfred le Grand s’il venait à perdre une bataille qu’il gagna.

Je tiens à souligner le traitement du personnage féminin principal. Je trouve que son potentiel est bien mieux exploité que dans le précédent roman. Ici, elle se met en danger à plusieurs reprises pour protéger ceux qu’elle aime, allant jusqu’à risquer sa vie. C’est aussi un personnage qui a une plus grande liberté et marge de manœuvre, ce qui est en grande partie dû au fait qu’elle n’est pas promise à un homme dans le cadre d’un mariage forcé comme dans le précédent roman. Il y a aussi le fait qu’elle a bien plus de différences avec le héros, ce qui rend les enjeux bien plus conséquents. Elle a droit à son moment ou c’est elle qui aide le héros et j’aime beaucoup cela. Au départ, je trouvais la montagne de souffrances qu’elle doit endurer exagérée, mais après avoir vu cette critique, j’ai progressivement réalisé que c’est le traitement qui fait que nous aimons  Peter Parker dans Spider-Man 2, Thanos dans Infinity War, Ulysse dans L’Odyssée ou encore James Bond dans Au service secret de Sa Majesté, Casino Royale (je tiens à préciser que je parle du Casino Royale de 2006 et pas de celui de 1954 ni de celui de 1967) et Skyfall.

Certains diront peut-être qu’elle est une demoiselle en détresse. C’était discutable la fois d’avant, ça l’est encore plus cette fois. Ici, l’héroïne a non seulement un courage et un sens du sacrifice qui imposent le respect mais elle s’en sert de nombreuses fois (certes, c’est en grande partie parce que le script lui donne bien plus d’occasions de s’en servir que la fois d’avant). Elle ne se tire certes pas toujours d’affaire, mais ce dont elle capable pour protéger les personnes qu’elle aime est absolument admirable.

J’apprécie l’importance des personnages secondaires il y en a plein et ils sont tous importants.

La fin est très bien faite avec une chute drôle digne de la fin d’un épisode d’Amicalement vôtre.

J’aime beaucoup quand l’Histoire et la légende se mélangent (peut-être en partie parce que cela me rappel potentiellement Rome de façon inconsciente).

J’aime aussi énormément le fait que l’histoire se déroule pendant le haut Moyen Âge qui est une période que je suis ravi de pouvoir explorer. Je discute souvent avec d’autres étudiants en Histoire du fait que c’est pratiquement toujours le bas moyen-âge qui est abordé dans les cours d’Histoire médiévale ce qui en déçoit plus d’un.

Je vais peut-être être le seul critique littéraire à souligner cela sur la toile, mais j’aime beaucoup le fait que cette histoire ait un héros gaucher étant donné que je suis également gaucher. Dans son article sur les coulisses de l’écriture de ce livre, Aurélie Depraz explique qu’elle a beaucoup de sympathie pour les gauchers et qu’elle a donc cherché à créer un personnage gaucher dans ce livre après une vaine tentative lors de l’écriture de son précédent roman. Le seul autre exemple de personne qui ait fait une action sympathique concernant les gauchers que je connaisse est Elisabeth Olsen dans cette interview. J’adresse donc un très grand « Merci beaucoup » à Aurelie Depraz et Elisabeth Olsen.

J’aime le poids des enjeux (surprise, avoir peur pour les héros, me demander réellement si ils vont en sortir vivants), c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai aimé Star Wars VIII (tout comme Links). Ici les enjeux sont renforcés par le fait qu’il n’y a pas de projet de mariage arrangé entre le héros et l’héroïne et que cette dernière est tout-à-fait en mesure de refuser de se marier avec le héros. Je préfère ce genre de prémisse (j’ose espérer que je ne suis pas encore en train de franciser une expression anglaise). Certes, les mariages arrangés ont leur version du poids des enjeux. Après-tout, Jane Austen a bien dit qu’il n’y a rien de pire qu’un mariage dépourvu d’affection et une histoire centrée sur un mariage arrangé rend le risque qu’une telle catastrophe se produise plus probable. Mais il y a plus de possibilités quand il n’y a pas de mariage arrangé.

 

Ce livre rejoint ma liste des œuvres qui sont (à mes yeux) des chefs d’œuvres qui ne sont pas aussi populaires qu’ils devraient l’être (soit parce qu’ils ne sont pas assez connus, soit parce qu’ils ne sont pas assez appréciés) aux côtés de (pour prendre quelques exemples cinématographiques) Octopussy, Tuer n’est pas jouer, Permis de tuer, Demain ne meurt jamais, Le monde ne suffit pas, l’Atlantide l’empire perdu (qui semble avoir jadis eu un prologue Viking), Sherlock Holmes jeux d’ombres, Max la menace, Les Sept Samouraïs, La femme au tableau, Le Pont des Espions, Les figures de l’ombre, La Légende de Zorro ou encore Christina Noble,…

 

Pour conclure:

En somme, je ne peux qu’applaudir.

Pour l’amour d’une Sasunnach avait introduit le talent d’Aurélie Depraz, L’amour, la mer, le fer et le sang a montré que ce talent pouvait encore permettre d’écrire d’autres merveilles.

Je me dis souvent que si le cinéma d’aujourd’hui faisait encore des péplums, elle les écrirait.

Aujourd’hui, Aurélie Depraz est de loin l’auteur dont je suis le travail le plus activement. J’ai acheté un exemplaire dédicacé de chacun de ses livres et j’ai bien l’intention de reparler d’elle. Le fait de lire ses livres m’a également aidé à avoir un meilleur aperçu du point auquel les auteurs autoédités doivent faire des efforts pour promouvoir leurs livres (ce qui m’aide à apprécier encore plus mon travail de chroniqueur que lorsque je parle de livres autoédités). Quand je repense aux aprioris que j’avais concernant l’autoédition avant cela.

 

Il y a encore plein de choses à dire, mais je vais en rester là.

Afin de compléter cette chronique et de découvrir un autres avis, je me permets de vous inviter à aller de ce pas ouvrir ce lien qui vous mènera vers la chronique de la MARMITE AUX PLUMES sur ce livre. Elle a eu la gentillesse de recommander ma chronique sur « Pour l’amour d’une Sasunnach » dans sa chronique sur ce même livre. Je tiens donc à la remercier en vous recommandant à mon tour son article sur le livre dont je parle dans cet article. Croyez-moi, ça en vaut la peine (ne serait-ce que pour les magnifiques illustrations qu’elle met dans ses chroniques).

 

Je vous invite aussi à aller jeter un coup d’œil aux articles du blog de l’auteur

https://www.facebook.com/aurelie.depraz.auteur/photos/a.2271183766477616/2484314648497859/?type=3&theater

Si vous souhaitez découvrir d’autres livre sur les vikings, je vous recommande chaudement cette vidéo de notre bon vieux Jeannot.

 

Si vous souhaitez commander ce livre :

https://www.amazon.fr/Lamour-mer-sang-Aur%C3%A9lie-Depraz/dp/2956469428

 

Merci pour votre fidélité. Au revoir et à bientôt pour de nouvelles découvertes. Bonnes lectures à tous et à toutes.

 

P.S. Je vous présente mes excuses pour la longueur excessive de cette chronique, je vous promets que je vais essayer d’en écrire des plus courtes chaque fois que je meure d’envie de vous faire un étalage de tout ce que j’aime dans un livre.

A propos de l'auteur

Pour commencer, je suis d’ascendance noble. J’ai passé 2 ans et demi de ma petite enfance en Angleterre. Mes parents qui voulaient que je sois en mesure de parler la langue de Shakespeare prirent soin de m’enregistrer de nombreuses émissions et programmes qui passaient à la télévision anglaise. Parmi ces émissions et programmes, il y avait des documentaires. Ces derniers transformèrent ma vie à tout jamais, depuis je suis un petit curieux avec une insatiable soif de connaissances. Et là où il y a de la culture il y a des livres. Je n’ai cependant pas toujours été un grand lecteur, mais l’école et mes parents y ont remédié. Aujourd’hui, alors que j’étudie l’Histoire, je dois reconnaître que la lecture est une activité que j’aime beaucoup. Désormais je lis de tout, du français à l’anglais, des histoires vraies aux fictions. J’essaye même d’écrire mes propres livres, j’espère pouvoir un jour les achever, les éditer et pouvoir vous les présenter.

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