Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.
Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.
Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi tant d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger ?

Il y avait un moment que je n’avais lu Franck Thilliez, qui reste pourtant l’un de mes auteurs de thrillers préférés, et dont j’avais Le manuscrit inachevé dans ma pal depuis le salon de Fargues St Hilaire 2018. À trop voir de retours, j’avais décidé d’attendre pour m’y atteler. Mais quand j’ai su que j’allais recevoir Il était deux fois en SP, et qu’il ne fallait surtout pas le lire avant l’autre, je me suis lancée et les ai lus tous les deux à la suite. Et heureusement !

Ce livre, si j’en crois les nombreuses critiques entraperçues sur les différents groupes de lecture (parce que je ne les lisais qu’en diagonale, ayant trop peur du spoil qui tue), n’a pas fait l’unanimité. Beaucoup lui reprochaient d’être trop « prise de tête » et surtout de proposer une fin bâclée. Pour ma part, ce n’est absolument pas ce que j’ai ressenti. Le côté « prise de tête », au contraire, j’adore ça ! Lire attentivement, se creuser les méninges, revenir sur certains passages pour être sûr de n’avoir rien manqué, compter les chiffres et les nombres, les mots et les lettres… J’ai rarement vu une construction aussi remarquable, une machine aussi bien huilée que celle que propose Le manuscrit inachevé ! La mise en abyme est exceptionnelle : un auteur qui écrit un livre qui parle d’un auteur qui écrit un livre qui parle d’un auteur qui écrit un livre… etc, une histoire sans fin… mais qui ne se suffirait pas à elle seule et ne serait rien d’autre sans la mécanique de précision dans laquelle le roman est inséré.

Tout repose sur l’illusion, sur la misdirection, l’art de détourner l’attention. Franck Thilliez nous l’explique lui-même et en use avec brio. Les doubles, les chiffres, les nombres, les mots soulignés, les anagrammes, les palindromes… et je m’arrête là car je ne veux surtout pas trop en dire. Si vous n’avez pas la concentration nécessaire, l’attrait des intrigues complexes et l’envie de faire chauffer vos neurones, passez votre chemin, celui-là n’est pas pour vous. Pour ceux qui, au contraire, ont apprécié L’anneau de Moebius, qui était pour moi son meilleur jusque-là, et qui sont passionnés par les énigmes et les casse-tête chinois, jetez-vous dessus si ce n’est pas encore fait. N’en déplaise à ses détracteurs, les lassés, les jaloux, ou bien juste ceux qui se contentent de lectures faciles, ceux qui n’ont vu que l’enrobage et n’ont pas gratté à l’intérieur, Franck Thilliez fait le job, et il le fait à merveille ! Pour moi il est à l’heure actuelle LE maître incontesté du thriller français, et notamment du thriller psychologique. Tout comme deux autres auteurs auxquels il adresse plusieurs clins d’œil tout au long du récit : Arthur Conan Doyle et Stephen King.

Je ne parlerai pas de l’histoire, je ne le fais pas souvent, presque jamais à vrai dire. J’ai horreur qu’on me raconte un livre. La fin qui figure dans ce roman n’en est évidemment pas une, puisque le dénouement réside dans l’opus suivant Il était deux fois. En même temps, n’oublions pas que tout était dans le titre. Le manuscrit inachevé nous en prévenait d’emblée ; pas de quoi être déçu !

Le seul bémol que j’aurais à exprimer au sujet de ce roman n’est pas du fait de l’auteur mais bien de la maison d’édition, car j’ai relevé nombre de coquilles, mots manquants, fautes ainsi qu’une conjugaison un peu aléatoire. J’ai l’impression que la concordance des temps n’est plus à la mode, mais surtout je suis étonnée du relâchement que l’on peut constater dans les « grandes » ME comme Fleuve Noir. C’est bien dommage…

Je finirai en précisant que j’ai donc enchaîné sans tarder avec Il était deux fois, qui fera l’objet de ma prochaine chronique.

A propos de l'auteur

Tombée toute petite dans la lecture, je possède près de 3000 livres et ne cesse d'enrichir ma collection. Il y a quelques années j'ai découvert le monde de l'auto-édition et j'ai maintenant la grande chance de travailler avec des auteurs indépendants de talent qui m'ont confié leurs manuscrits et m'ont accordé leur confiance. Cela me permet de me réaliser dans deux domaines qui me passionnent : la lecture et l'écriture !

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