Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.

Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.

Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Un livre et des oiseaux qui tuent, personne ne pourrait y croire. Mais sous la plume de Laurent Philipparie, capitaine de police, tout est si vrai que c’en est effrayant.

Un auteur fort sympathique rencontré lors du salon « Noir Vézère » du Bugue de l’année dernière, une belle couverture, un titre intrigant et une quatrième très alléchante, il ne m’en fallait pas plus pour craquer et acheter ce roman.

Le monsieur est flic et on s’en aperçoit assez vite. L’action est privilégiée, les dialogues sont réalistes (enfin je suppose, n’étant pas dans la police moi-même), ça sent le vécu, le terrain et l’expérience. L’histoire emballera, ou pas, selon qu’on adhère à un côté un peu ésotérique et surtout aux théories concernant l’embrigadement sectaire, l’hypnose et les pouvoirs de la manipulation mentale. Peu importe, en fait, ce n’est, à mon avis, pas forcément la crédibilité qui fait qu’un roman soit bon ou pas, et pour moi ça l’a fait ! Je me suis plongée dans l’histoire avec délice, immergée dans le contexte lié à l’Histoire avec un grand H et me suis abîmée dans l’intrigue. Assez fascinée en fait, je dois l’avouer…

L’auteur n’oublie pas la dimension psychologique de ses personnages, tout d’abord surtout en ce qui concerne Gabriel, le héros principal, policier au CV atypique, obnubilé par les dérives sectaires et surtout par l’un de leurs gourous, mais aussi, un peu plus tard, avec celle d’Anna, complexe à souhait, aussi surprenante et envoûtante que ténébreuse et mystérieuse. L’ensemble est assorti d’une réflexion et d’une vision très réaliste, lucide et pertinente sur notre monde actuel.

« la société de communication, où l’on pouvait escamoter des événements énormes et monter en épingle des incidents insignifiants, le tout dans un flux incessant d’informations. Tout était affaire d’enjeux supérieurs ».

Pour ce qui est de la forme, j’ai trouvé le style percutant et incisif, sans fioritures, privilégiant la force brute dans les descriptions et notamment dans les scènes d’action avec des mots qui font mouche. Là on sent le flic. Et puis, de temps à autre, on rencontre des petites perles, de très jolies expressions qui révèlent une autre facette de l’auteur. Un mélange assez curieux mais intrigant et surtout très intéressant, panachage de phrases-choc, dures, parfois presque lapidaires, et d’autres qui peuvent pousser jusqu’à la poésie.

« À cinquante-trois mètres sous le pont d’Aquitaine, le quartier du vieux Lormont côtoyait la Garonne depuis neuf siècles. Logées au pied d’une colline hérissée d’immeubles contemporains, ses modestes maisons revendiquaient une identité intemporelle. Une goutte de pierres anciennes refusant de se fondre en béton. » 

Et pour terminer, Lectio letalis offre un dénouement à la hauteur de mes espérances, une fin comme je les aime, mais… chuuuutttt… je vous laisse le plaisir de la découverte.

Quant à moi, je vais m’empresser, dès notre prochaine rencontre, c’est à dire dans une semaine au salon du Verdoyer, de quémander quelques explications et informations complémentaires à l’auteur concernant une histoire de chèques qui m’a fort surprise.

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