Si seulement j’avais su combien ma vie allait basculer. Comment l’enfer m’aurait enchaînée. Si seulement j’avais pu entrevoir les rouages du destin. Les rencontres comme les pièges, les obstacles comme les révélations. Si j’avais su mieux distinguer bontés et malveillances. Amours, amitiés ou loyautés. Cette histoire serait tout autre. Mon histoire. Preuve que même les Dieux ne peuvent tout savoir. ​
Rare rescapée du massacre de son village natal, Diphtil, une jeune fille du peuple de l’Air, est sauvée en territoire ennemi grâce au symbole étrange qu’elle porte sur le front. Elle serait la cinquième fille de la Déesse Aveugle. Séquestrée dans un monastère et manipulée par le prêtre Sarïn qui compte la livrer au roi une fois ses pouvoirs éveillés, elle est libérée par son frère, Naid, qui la persuade de partir avec lui.
Sauf que les terres de l’Edenor sont semées de dangers et que la cruauté de certaines personnes, hantées par la haine et la guerre, s’opposent à la candeur de Diphtil, avide de découvrir ce monde dont elle a si peu joui.
Mais avant tout, elle veut échapper à son destin. Est-ce possible, lorsque l’on est vouée à devenir une Déesse ?

J’ai lu ce roman de Fantasy dans le cadre du « Prix des Auteurs Inconnus » 2017 pour lequel il concourt et je n’ai qu’un mot à dire : que cette lecture fut laborieuse ! J’ai mis 15 jours à en venir à bout, c’est vous dire…

Non que l’histoire soit ennuyeuse, elle serait même plutôt sympathique, sans pour autant sortir des sentiers battus du genre. Et même si la romance prend un peu le pas sur l’intrigue, ce qui ne me dérange pas en soi vu que je n’y suis pas hermétique, cela nuit parfois au rythme de l’histoire. L’ensemble traîne un peu en longueur : un petit pavé rien que pour la partie 1 du tome 1, c’est peut-être beaucoup ! Alors oui, l’univers est assez riche pour mériter qu’on s’y attarde, pour expliquer un peu le passé, la géographie, la politique, la religion, etc… et pour camper les personnages mais finalement c’est un peu délayé quand même. En dehors de ça, l’histoire est assez intéressante et les personnages attachants, même si je trouve l’héroïne principale un peu nunuche pour une déesse (ce qui doit être dû, il faut bien l’avouer, à son jeune âge et au fait qu’elle ait été cloîtrée dans un couvent). Je préfère de beaucoup la personnalité de Yasalyn, mystérieuse, plus complexe et présentant une dualité intéressante et des failles cachées.

Non, le gros problème que m’a posé ce roman, c’est bel et bien le style ! Voilà un défaut que j’avais déjà rencontré et qui me semble être récurrent dans le genre Fantasy. Les auteurs, voulant donner des airs moyenâgeux à leurs écrits, ont tendance à employer à outrance des termes désuets et des constructions de phrases alambiquées qui ne font qu’alourdir l’ensemble. Le résultat paraît alors avoir été écrit à l’aide du dictionnaire des synonymes, synonymes pas toujours employés à bon escient qui plus est, ou parfois dans des formules mal adaptées ou associés avec les mauvaises prépositions. De plus, certains mots sont utilisés beaucoup trop souvent (pour exemple « vénusté » doit être présent entre 30 et 40 fois à lui tout seul !) Quelquefois même, il y a confusion entre des termes voisins (pelotonner au lieu de peloter, interrogatif au lieu d’interrogateur ou bien encore accoutumance au lieu d’accoutumée) et je ne parle même pas de la conjugaison tout à fait aléatoire. Enfin, appliqué aux dialogues, tout cela ne tend qu’à faire ressortir un manque cruel de naturel. En bref, trop de médiéval tue le médiéval !

Le résultat final est poussif, laborieux et indigeste, ce que je trouve vraiment dommage car cela gâche beaucoup le potentiel de l’univers et les qualités de l’histoire. Un roman qui ne restera pas dans les annales pour moi et dont, vous l’aurez compris, je n’ai pas vraiment envie de lire la suite.

7 Réponses

  1. Audrey

    Je partage à 100% ton avis…
    Vouloir employer d’anciens termes est pour moi plutôt louable, mais l’abus de ceux-ci et un usage parfois peu judicieux plombe le tout.

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      • Carine Foulon

        Bonjour,
        je n’ai pas lu ce roman, mais je suis en train d’écrire un conte sur Scribay, et parmi les conseils qu’on m’a donnés figurait celui d’employer beaucoup de vocabulaire médiéval. C’est sujet à débat, mais apparemment, certains lecteurs aiment justement quand il y a énormément d’anciens termes alors que d’autres trouvent ça lourd. C’est parfois difficile de trouver un juste milieu quand on veut faire au mieux. 🙂

      • Sophie Ruaud

        Je le conçois tout à fait ! Je pense qu’il faut effectivement bien doser les choses, mais surtout, surtout, éviter d’employer des termes à mauvais escient !Bon courage Carine 🙂

      • 30millionsdenvies

        Bizarrement non je vois ça à la manière d’une pièce de théâtre qui prend vie devant mes yeux Ça aide mon imaginaire à visualiser !

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