Charlie est journaliste, en reportage au cœur de la Syrie. Julie, sa compagne, est urgentiste à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.
Leur destin bascule quand Charlie est enlevé par l’État Islamique.
De Paris à Alep, en passant par la Turquie, des vies se croisent, se bousculent, s’abîment et ricochent comme autant d’existences projetées dans le fracas d’un monde où des hommes et des femmes ordinaires deviennent les résistants de la Liberté.

J’ai acheté ce livre à sa sortie sans trop savoir si je le lirais tellement ma pal est conséquente. Qui plus est, je n’étais même pas sûre d’avoir envie de le lire, parce que les extrémistes de tout poil ont tendance à hérisser le mien, et cela même si je savais que ce roman ne faisait l’apologie d’aucune croyance ni idéologie.

Comprenez-moi bien : j’ai toujours eu du mal avec les religions, quelles qu’elles soient, car elles ne sont souvent que des carcans étriqués et moralisateurs, et notamment à l’égard des femmes. Mais quand elles sont détournées par des fanatiques pour qui Dieu n’est qu’un prétexte à l’expression de la haine, cela me révulse d’autant plus. L’actualité de ces dernières années en est malheureusement trop souvent la vitrine et fait que je n’ai pas vraiment envie, en plus, de lire des livres ou de regarder des films sur le sujet.

Ceci étant dit, j’ai vu passer tellement de bons retours sur ce roman et cru lire entre les lignes qu’il offrait un autre regard et un autre niveau de lecture que j’ai fini par me laisser tenter. Et bien m’en a pris car ce fut un vrai coup de cœur !

Ce roman polyphonique nous propose « quatre personnages principaux, quatre destins qui se croisent, quatre visions d’une tragédie, quatre chemins, quatre visages, quatre voix ».

Charlie, reporter de guerre, figure emblématique de l’ardent défenseur de la liberté d’expression mais aussi de la liberté tout court, qui est fait prisonnier en Syrie par des fous de Dieu. Julie, sa femme, urgentiste à Paris, qui ne sait ce qu’il devient et est condamnée à attendre. Lola, 17 ans, qui fuit sa famille et la France pour suivre un jeune djihadiste. Et Simon, le père de Lola qui part à sa recherche, bien décidé à la sauver malgré elle.

Chaque chapitre est raconté à la première personne par un protagoniste différent et Olivier Tarassot réussit le tour de force de nous faire entrer dans la tête de chacun d’eux. Très expressif, il excelle en effet à peindre les sentiments et ressentis des personnages.

On perçoit de plus que l’histoire est très documentée, le style travaillé et la plume sensible, le choix des mots juste. La fin nous étourdit littéralement, en nous menant de rebondissements en révélations.

C’est une véritable ode à la liberté, à toutes les libertés : de s’exprimer, d’aimer, de croire ou non, de vivre tout simplement. Le récit est nuancé et ne tombe pas dans le piège du jugement de valeur, tout en égratignant en même temps les organismes gouvernementaux, les arcanes du pouvoir et de la politique ainsi que les dérives journalistiques qui mettent des vies en danger dans l’éternelle course au scoop et au sensationnel.

Au cours de cette lecture, je suis passée par différents sentiments : le dégoût, l’incompréhension, la peur, mais aussi la joie et surtout l’espoir.

Car c’est au final un grand cri d’espoir et d’amour que nous offre l’auteur dans ce magnifique premier roman que je suis heureuse d’avoir lu afin de terminer cette année en beauté. Le pari était osé de choisir pareil sujet, brûlant s’il en est, et Olivier l’a brillamment relevé, jusqu’à en faire un roman éminemment lumineux.

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