Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?

Comment parler d’un livre de Stephen King ? Que dire qui n’ait déjà été exprimé ? Comment partager ce que j’ai vu, pensé, vécu et ressenti à la lecture de ce roman ? Voilà bien la tâche ardue à laquelle il me faut faire face…

Je vais donc commencer par évoquer la (gigantesque) panne de lecture que j’ai subie pendant presque 9 mois et durant laquelle, hormis en ce qui concerne mes corrections, il m’a été impossible de me concentrer sur un livre quel qu’il soit. Et puis l’envie est revenue, petit à petit. Mais là j’ai dû faire face à un autre problème : avec quel livre, avec quel auteur ? J’avais peur de me tromper dans mon choix et de ruiner ce besoin qui recommençait tout juste à poindre. Et puis, comme un fait exprès, j’ai reçu ce roman par la poste, offert par une amie très chère. L’évidence m’a sauté aux yeux ; il n’y avait que le Maître pour relever ce pari !

Comme vous l’aurez compris, si vous ne le saviez pas avant, je suis une inconditionnelle de Stephen King, une fan de la première heure. J’ai tous ses livres (enfin presque, il me manque deux tomes de la trilogie Mercedes) réunis dans une bibliothèque spéciale, dans ma chambre, qu’il partage (la bibliothèque hein, pas la chambre !) avec Dean Koontz et Graham Masterton, mes deux autres « amours » de jeunesse. S’il y a certains titres, parmi ses nombreux romans, que j’ai moins aimés que les autres, je n’ai quand même jamais été vraiment déçue. Et certains sont carrément des chefs-d’oeuvre à mes yeux.

Mais venons-en à « L’institut » ! Si la première moitié a paru quelque peu longuette à certains, au vu des retours que j’ai pu en lire ici ou là, pour ma part c’est là que se confirme, ou que l’on découvre, pour peu qu’on n’en ait pas été conscient auparavant, l’immense talent de conteur de l’auteur. Car, si je reconnais qu’il ne s’y passe pas grand-chose, dans cette première moitié (de 300 pages), jamais je ne m’y suis ennuyée ! Beaucoup estiment qu’il y a souvent des longueurs dans l’oeuvre de King, des digressions pas vraiment nécessaires, et c’est vrai qu’on y trouve toujours des petites histoires au sein des histoires de l’histoire principale. C’est le propre de King. Il y a toujours tout un tas de ramifications qui partent des branches reliées au tronc principal. Et c’est ça aussi qui fait son charme, sa patte et son originalité. Moi, j’aime me perdre dans ces détails, dans ces digressions et ces anecdotes qui révèlent souvent le fond de l’âme de ses personnages, innocemment mais insidieusement, par petites touches, légères mais piquantes, parfois terribles, et tellement… humaines. Pour être tout à fait honnête, je dois avouer qu’il m’est quand même arrivé une fois de trouver quelques longueurs chez cet auteur. C’était dans l’un des tomes de « La tour sombre » mais je ne sais plus lequel (« Le chant de Susannah » ou « Les loups de la Calla » peut-être) qui fonctionne un peu comme « Les contes des 1001 nuits » à la façon des matriochkas. Et il faut dire que l’ensemble des 7 tomes totalise quand même plus de 4300 pages (en poche et écrit en tout petit) ! Malgré tout, cette saga reste, à mon humble avis, un petit prodige d’inventivité et de pur bonheur.

Pour en revenir à « L’institut », cette première partie, qui crée pas à pas une ambiance lourde, anxiogène et délétère en nous installant dans la peau de ces enfants-prodiges, nous met surtout en condition pour vivre la deuxième partie, beaucoup plus dense, pleine de suspense, riche en action et en péripéties. J’y ai retrouvé le Stephen King des débuts, j’y ai vu du « Shining », du « Carrie » et du « Charlie ». L’auteur y distille l’horreur à sa manière en nous livrant une histoire d’une intensité diabolique et particulièrement efficace. Les personnages, qu’ils soient odieux ou très attachants, nous réservent toujours des surprises et des émotions. Du pur plaisir ! Du très grand King !

Et c’est là que je m’aperçois que, tout en ayant commencé par « comment parler d’un livre de Stephen King ? », j’ai finalement écrit l’article le plus long des quelque 163 que j’ai réalisés jusque-là pour ce blog. Ne me reste plus qu’à espérer que, contrairement à King,  je n’aurai pas suscité l’ennui à la lecture…

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