Loin de sa planète natale, l’humanité suit son cours.
Sur Titan 4, la terraformation et les échanges commerciaux accaparent tous les efforts. Un mal sous-évalué entame cependant le moral des colons : pour des raisons inconnues, leur capacité à rêver s’est évanouie. Seuls quelques élus, enviés et adulés, conservent ce don originel.
De cette rareté est né un commerce érigeant le rêve en spectacle : l’onirium. Dans ces théâtres modernes à la pointe de la technologie, les idéastes partagent leurs songes avec leurs contemporains, un luxe dont les plus hautes sphères ne sauraient se priver.
A force de recherches et de sacrifices, German Ekloch s’est hissé au sommet de son art. La qualité de ses prestations fait de lui un rêveur très convoité. Malheureusement, les enjeux humains et politiques de l’onirium vont bien au-delà du simple divertissement. L’être humain gagnerait peut-être à considérer la dimension onirique pour ce qu’elle est : une réalité à part entière.

Je suis toujours admirative des productions de Bastien Pantalé, qui allient la diversité et l’originalité avec la recherche et la réflexion. Une fois de plus il atteint son but en nous offrant une novella de science fiction cyberpunk (selon sa propre définition) très réussie.

Quand le genre humain perd sa capacité à rêver, une nouvelle puissance voit le jour et avec elle de nouveaux enjeux. Mais un grain de sable ne peut-il pas tout faire vriller ? Comme toujours, l’histoire, au-delà du fil conducteur, nous pousse à réfléchir à notre propre société et à ses dangereuses dérives.

Le texte balance habilement entre rêve et science et la plume, fidèle à elle-même, est riche et parfaitement maîtrisée, rendant toujours hommage à notre belle langue française.

J’aurais juste voulu que le résultat ne soit pas « seulement » une brillante nouvelle mais un vrai roman (tout aussi brillant) développant une idée, une histoire et des personnages qui en méritaient pour moi bien plus. Je m’en vais d’ailleurs de ce pas surveiller notre auteur de très près, armée d’un fouet et d’une cravache, afin de « l’inciter chaleureusement » à bosser un peu plus… Bon j’exagère je sais ! Mais je n’aime pas être frustrée de mon plaisir et là ça avait carrément un petit goût de trop peu !

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