La guerre, c’est mal. Mais parfois, on n’y coupe pas. À la veille du terrible conflit qui va embraser les États du Ponant, Ethinor, Tallia et Jermold se rendent chez les Nains afin de les convaincre de participer aux festivités : il n’y a pas de raison que ces derniers se la coulent douce de leur côté. Que les aventuriers y parviennent ou non, ils feront de toute façon leur possible pour aggraver la situation.Partie fine, et inversement fait suite à Bons baisers de Goscranie. Il est tout indiqué de commencer par ce dernier si vous tenez à conserver une chance de comprendre quelque chose à ce monceau d’inepties.

« On ne vole pas vers son destin, on reprends la route, voilà tout ». C’est sur cet aphorisme que débute le troisième tome de la saga de Guillaume Lecler, et il donne le ton. « Partie fine, et inversement », met en scène nos trois anti-héros pour une nouvelle mission diplomatique : la guerre couve, et le royaume a besoin de l’aide des Nains. Comme à leur habitude, c’est bien malgré eux qu’Ethinor le héros musclé sans cervelle, Jermold le magicien raté et Tallia la guerrière sexy se retrouve embarqués dans une aventure politique.

Comme dans « Deux zéros et demi » et « Bons baisers de Goscranie » le trio va cheminer, cahin-caha mais très impliqué pour mener leur mission à bien. Jermold, toujours aussi désireux de retrouver le mage qui lui ôtera l’appendice supplémentaire qui orne son fessier, sera égal à lui même, et peut-être encore meilleur (ou pire, selon les points de vue) que d’habitude. Ethinor fera parfois preuve d’une lucidité étonnante. Ou pas. Quant à Tallia, c’est son opus. Alors que dans les deux premiers tomes, elle est plutôt en retrait par rapport à ses deux compagnons d’infortune, Guillaume Lecler a choisi, non seulement de la mettre en avant, mais surtout de s’en servir comme une sorte de cheval de Troie du féminisme.

J’avais déjà fait référence aux sous-entendus presque politiques derrière la caricature burlesque de l’auteur lors de ma chronique sur le second tome. C’est ce qui me plait souvent dans ce genre de roman. Faire passer des messages cohérents et forts sous des airs de ne pas y toucher. Alors forcément, voir Tallia se parer d’arguments féministes tout au long du livre, ça ne pouvait que me plaire. Mais justement, ce qu’il m’a manqué, c’est l’air de ne pas y toucher. Parce que Guillaume Lecler a insufflé à son personnage féminin des velléités qu’elle n’avait pas auparavant. Certes, Tallia a évolué, comme ses comparses, au fur et à mesure des tomes, mais il s’agit ici d’un caractère révolté, d’une femme qui bougonne entre ses dents contre des hommes qui ne comprennent même pas ce qu’elle dit, alors qu’elle était plus…potiche, sur les deux opus précédents. Alors oui, ce genre de personnage m’intéresse beaucoup, mais j’avoue que je préférais la façon de faire passer les messages politiques et sociaux que l’auteur avait employé dans le second tome.

Malgré ce léger bémol, « Partie fine, ou inversement », garde le même ton léger que les deux autres, et vous colle un sourire avec des références parfois pointues, accentuées par les notes de fin de pages absolument délicieuses. Le tome est court -une centaine de pages- et se lit très facilement. Les aventures burlesques de nos anti-héros, qui, à la façon du héros de « Y a t’il un pilote dans l’avion », réussissent, bien malgré eux, et bien malgré les donneurs d’ordre, leurs diverses missions, sont toujours aussi rafraîchissantes.

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