Samuel fête ses trente-cinq ans, seul face à des assiettes vides. La déprime est proche. Il attrape alors son téléphone mais réalise qu’il n’a personne à qui parler. Soudain, un numéro lui revient en mémoire : celui de son enfance et de la maison du bonheur familial depuis trop longtemps disparu.

Tiens, et s’il appelait ? À sa grande surprise, quelqu’un décroche. Et pas n’importe qui : c’est à lui-même, âgé de dix ans, qu’il est en train de parler ! Mais que dire à l’enfant que l’on était vingt-cinq ans plus tôt ?

Finalement, chaque soir, à travers ce téléphone, Samuel va s’interroger : l’enfant que j’étais serait-il fier de ma vie ? Aurait-il vraiment envie de devenir l’adulte que je suis aujourd’hui ? Ne l’ai-je pas trahi en renonçant à mes rêves ?

Grâce à ce dialogue inattendu et inespéré, Samuel va, peu à peu, devenir acteur de sa vie. Et avancer, enfin !

Chronique :

Cyril Massarotto, je n’en avais jamais entendu parler. Je ne suis pas les actualités littéraires, je ne me rue pas dans les librairies lors de la rentrée littéraire ou quand les grands Prix littéraires désignent leurs lauréats. Je suis les actualités de mes auteurs fétiches, et celles de l’auto-édition. Puis la littérature générale m’emballe rarement en fait.

Mais Odehia Nadaco a proposé celui-ci en livre voyageur. Alors j’ai tenté le coup.

Un livre voyageur

Pour ceux qui ne connaissent pas le concept de livre voyageur, j’explique brièvement : quelqu’un qu’on appellera « A » souhaite faire découvrir un livre qu’il a particulièrement aimé. Alors il demande qui souhaite le découvrir. Il établit une liste de personne, un ordre de réception, et voilà. A envoie le livre à une seconde personne : « B ». Celle-ci le lit, puis l’envoie à C, qui avait demandé à être sur la liste. C l’envoie ensuite à D, etc., etc., jusqu’à ce que A récupère le livre en bout de voyage.

J’étais donc sur le chemin du voyage de ce livre. Une escale. Et je dois dire que je l’ai appréciée.

Nous rencontrons ici Samuel, qui fête ses 35 ans. Seul. Enfin seul avec sa bouteille de champagne. Mais ça ne compte pas. Ou plutôt si, c’est ça qui va tout chambouler. Ivre, il renversera le précieux liquide sur son téléphone portable. Seul, il voudrait appeler des amis, mais il n’en a pas. Et le numéro des quelques connaissances qu’il a est dans le répertoire du portable qu’il vient de noyer sous les bulles. Le seul numéro de téléphone dont il se souvienne, c’est celui du domicile de ses parents quand il était enfant. Un regard sur son téléphone fixe lui suffit : il compose le numéro.

Samuel s’attend à tout sauf à quelqu’un qui décroche le téléphone. Mais un enfant décroche. Un enfant qui dit s’appeler Samuel et avoir 10 ans. Le cerveau encore embrumé par les vapeurs d’alcool, notre personnage principal finit par comprendre qu’il se parle à lui même, à 25 ans de distance.

Positif et touchant

L’histoire est fraîche, touchante. Voir l’adulte se confronter à l’enfant qu’il était, voir l’enfant se confronter à l’adulte qu’il est devenu donne une jolie leçon de vie sur les convictions et les rêves de chacun. La première moitié du livre est très prenante, et je dois avouer avoir lu très rapidement tant j’étais prise au jeu. C’est bien écrit, simple : sans chichi, sans fioriture. Plein d’émotions. Le personnage principal se repasse le fil de son enfance, et tente, évidemment, d’en changer quelques lignes. Mais certaines sont immuables. L’adulte doit alors préparer l’enfant qu’il est (aussi étrange que cela puisse être) à vivre les joies et les peines qui se présenteront à lui.

La seconde partie du roman est plus classique, et même si elle est tout aussi bien écrite, le déroulement, lui, m’a moins passionnée parce que bien trop prévisible. On comprend très rapidement où l’auteur veut nous mener, et même si l’on y va avec le sourire aux lèvres, j’aurai aimé plus de complications. Parce que tout n’est pas aussi simple dans la vie. Mais il s’agit d’un livre positif, et ça fait du bien parfois, de laisser reposer un peu son esprit.

En bref, il s’agit ici d’une histoire douce et rafraîchissante, qui nous rappelle qu’enfant, nous avions des rêves, que souvent, nous avons oubliés en grandissant. Et si vous deviez appeler votre vous-même enfant, que vous dirait il sur ce que vous êtes devenu ? C’est à cette question que Cyril Massarotto nous invite à réfléchir lorsque l’on referme son livre.

Infos Pratiques :

Date de sortie : Février 2017

Éditeur : XO Editions

Prix du format broché : 18.90€ sur Amazon

Prix du format numérique : 12.99€ sur Amazon

 

 

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