» Sharko comparait toujours les premiers jours d’une enquête à une partie de chasse.
Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s’élancent à la poursuite du gibier.
À la différence près que, cette fois, le gibier, c’était eux. « 

Eux, c’est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.
Lucie n’a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait semble-t-il rien d’un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu’à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu’ils s’étaient efforcés de bâtir.

Inconditionnelle de Franck Thilliez depuis le début, je ne rate jamais un de ses titres. Et ce malgré la petite déception que j’avais éprouvée avec les deux derniers, « Angor » et « Pandemia », un cran au dessous de ses romans précédents selon moi. Mais je dois reconnaître que j’ai trouvé un regain d’intérêt à lire celui-là.

On sent toujours beaucoup de recherches, rien n’est approximatif ni laissé au hasard. L’intrigue est comme à chaque fois très documentée et foisonne de renseignements scientifiques intéressants mais qui restent très accessibles et ne perdent aucunement le profane.

J’ai été heureuse de retrouver ses personnages récurrents, Sharko et Lucie bien sûr, mais aussi Nicolas Bellanger, aux prises avec une enquête difficile puisque les dés sont pipés dès le départ. En effet, Sharko et Lucie vont tenter de brouiller les pistes face aux membres de leur propre équipe et c’est plus encore ce face à face entre Franck et Nicolas qui m’a véritablement passionnée que l’enquête en elle-même. Un duel impitoyable entre deux amis, entre deux grands flics qui s’affrontent, l’un pour protéger sa famille et l’autre pour découvrir la vérité. Car Nicolas est un véritable pitbull qui ne lâche rien et c’est de lui que vient le réel danger pour Franck Sharko.

La tension monte au fil des pages et les sentiments sont exacerbés : colère et dégoût mais aussi peur et sentiment de danger ou d’impuissance, car nos héros, cette fois passés de l’autre côté, sont encore plus intimement mêlés à l’enquête et à sa résolution.

Comme à son habitude, l’auteur n’épargne ni ses personnages ni, par la force des choses, ses lecteurs . Des scènes dures, trash et crues font dresser les poils sur les bras et les possibilités évoquées dans le dénouement font carrément froid dans le dos.

Une très bonne lecture : Franck Thilliez fait le job, sans conteste, et pour moi il le fait bien !

 

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