On March 17, 2009, while filming a documentary on the Chinese–North Korean border, Laura Ling and her colleague Euna Lee were violently apprehended by North Korean soldiers, charged with trespassing and « hostile acts, » and imprisoned by Kim Jong Il’s notoriously secretive Communist state. Kept totally apart, they endured months of interrogations and a trial before North Korea’s highest court that led to a sentence of twelve years of hard labor in a North Korean prison camp.

When news of the arrest reached Laura’s sister, journalist Lisa Ling, she immediately began a campaign to get Laura released. Her efforts led her from the State Department to the higher echelons of the media world and eventually to the White House. Lisa takes us deep into the drama between people in the highest levels of government, including Secretary of State Hillary Clinton, former Vice President Al Gore, and eventually former President Bill Clinton, who arrived in North Korea in mid-August for a suspenseful rescue.

Somewhere Inside is a timely, inspiring, and page-turning tale of survival set against the canvas of international politics. Writing with their strong, poignant voices, both sisters go beyond the headlines to reveal the unique bond that has sustained them throughout the most horrifying ordeal of their lives.

 

Je vais vous raconter une histoire. Il y a quelques années de cela (au début de l’année 2009), aux États-Unis d’Amérique vivaient deux journalistes d’origine chinoise, deux sœurs. Un jour, elles doivent se quitter. L’une d’entre-elles, Laura, qui espère avoir une descendance à l’image de sa sœur, doit partir pour un reportage à l’étranger. Arrivée en Chine avec Euna Lee -une collègue américano-sud-coréenne- et Mitch Koss -un collègue et ami de longue date- (avec des visas de touriste bien entendu, car avec des visas de journaliste, il y aurait tout un encadrement anti-liberté de la presse), elle commence son travail. Avec un guide, les trois journalistes commencent leur reportage sur la frontière sino-nord-coréenne avec des investigations toutes plus fascinantes les unes que les autres. Un jour (le 17 mars), alors que l’équipe marche le long de la rivière gelée marquant la frontière, le guide leur dit qu’il y a un lieu de l’autre côté où ils pourraient se rendre en toute sécurité. L’équipe finit par traverser. Une fois arrivés de l’autre côté, ils font demi-tour et constatent terrifiés que des soldats nord-coréens sont à leurs trousses. Paniqués, ils s’enfuient. Le caméraman (Mitch filmait pour prouver en cas d’appréhension que l’équipe était en Chine) disparaît derrière une colline chinoise.C’est alors qu’un désastre se produit : alors que Laura fuit, la glace se brise sous son pied gauche et sa botte s’engouffre dans l’eau glacée. Elle parvient malgré tout à se dégager et à regagner la Chine, mais elle sent son pied s’alourdir, s’alourdir… jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus continuer (bien qu’étant en Chine, elle est toujours poursuivie). Elle appelle alors Euna à l’aide, cette dernière s’exécute (pour avoir un tel courage, elle devrait devenir une super héroïne Marvel) et se fait capturer avec son amie. Le guide suggère vainement la corruption, et propose ensuite de prendre la place des journalistes. Mais alors que les soldats tentent de l’atteindre, il s’enfuit. Malgré tous leurs efforts, Laura et Euna sont emmenées de force de l’autre côté de la frontière. Quelque temps après, aux États-Unis le téléphone du mari de Lisa sonne, il décroche. Tout à coup, il sursaute, et le passe à Lisa : c’est le mari de Laura qui est porteur d’une terrible nouvelle. En effet, Laura a été capturée et emmenée en Corée du Nord. Désormais, deux histoires, deux combats, s’écrivent. Une sœur est en captivité en Corée du Nord, l’autre va se battre pour la ramener à tout prix. Et c’est une histoire vraie (en anglais certes, mais une histoire vraie quand même).

Ce livre est très bien construit : Laura et Lisa racontent tour à tour leur parcours respectif et simultané (avec parfois des flash-back très bien choisis).

Je l’ai connu grâce à une vidéo dans laquelle Laura raconte le rituel qui lui permit de survivre. Je vous recommande de regarder d’ailleurs certaines vidéos de cette chaîne et des chaînes cousines, car elles aident à comprendre pas mal de choses (comme les visas dont j’ai parlé auparavant). Par exemple dans le livre, le terme DPRK m’était déjà connu grâce aux travaux des collègues de Laura (DPRK signifie Democratic Peoples Republic of Korea ou République populaire démocratique de Corée, le nom officiel de la Corée du Nord). Je connaissais aussi le pasteur mentionné dans le livre grâce à un documentaire en français.

Je vous recommande d’ailleurs de vous renseigner sur le sujet de ce livre (via des reportages ou des explications en vidéo surtout) avant de le lire. Moi, ça m’a permis de mieux le savourer. Comme je connaissais Laura, la Frontière, la Corée du Nord… en lisant ce livre, j’avais l’impression de me dissoudre dans une sorte de petite poussière magique pour rentrer dans le livre et en devenir un personnage. J’étais présent, je voyais tout. En fait ça m’arrive dans une moindre mesure dans beaucoup d’autres livres (ceux de mes précédentes chroniques par exemple). Mais ce livre-là est celui que j’ai le mieux savouré de la sorte pour autant que je me souvienne.

Mais venons-en à l’aspect que j’avais promis de mettre en avant : la présence d’humanité au milieu d’un enfer.

Dans « Si c’est un homme » de Primo Levi ou dans « Moi Malala » de Malala Yousafzaï, elle se limite à un seul acte ou détail brièvement mentionné au début du livre. Dans « Somewhere Inside », il en va tout autrement. Il y a plusieurs témoignages d’humanité (énormément même), qui se situent, non pas au début, mais surtout au milieu et vers la fin du livre (en fait presque tout au long de l’histoire de Laura) et ils sont développés, ce qui les rend poignants et puissants.

Dites-en ce que vous voulez, mais j’estime les personnes avec qui Laura a échangé pendant sa captivité. Ces personnes sont gentilles, sincères, j’ai vraiment été touché.

(L’une des parties ingrates du travail de chroniqueur pour un blog littéraire est le spoil).

Vous vous attendiez peut-être à des bourreaux fanatiques après le teaser que j’ai mis au début et bien aussi surprenant que ce soit, il n’y en a pas dans l’histoire pour autant que je me souvienne. Si l’on prend la définition de torture au pied de la lettre, je ne vois que l’appréhension de Laura (elle a été blessée par un soldat). Mais sinon elle a été bien traitée (j’aimerais pouvoir parler d’Euna, mais comme elle n’a pas écrit ce livre avec ses collègues, on ne sait que ce que Laura sait).

En fait, elles ont été plutôt bien traitées (je sais que dit comme ça, ça donnerait l’impression hors contexte que je suis un partisan ou un sympathisant de la DPRK ou RPDC si vous préférez). Laura ne manque quand même pas de rappeler que le traitement auquel elle a eu droit est celui réservé à l’élite du pays. Elle a eu de la chance d’être bien nourrie aussi. Je dis ça, mais au-delà de l’appréhension musclée, les Nord-Coréens n’y sont pas allés de main-morte au moment de la condamnation (bien que ce soit le moment ou la tension est la plus haute, même quand on connaît d’avance le dénouement, on se dit que ça aurait quand être bien plus pire).

Tenez, pour vous donner une idée du point auquel ce livre m’a marqué et combien je l’ai imaginé, figurez-vous que dans la nuit qui sépare l’écriture de ce paragraphe de celle du paragraphe précédent, j’ai rêvé que je voyais Laura en train de relire ce livre, de rayer de mauvais souvenirs, alors qu’elle était avec son mari qui la réconfortait.

J’ai souvent cette vision où la frontière entre les 2 Corée (la DMZ pour DeMilitarized Zone ou Zone démilitarisée en français qui porte d’ailleurs très mal son nom puisque c’est la frontière la plus militarisée du monde) s’effondre dans un futur proche (comme le mur de Berlin) et alors que les peuples des 2 côtés traversent pour se retrouver, Laura au milieu de la foule rencontre ses anciennes geôlières et elles se prennent dans les bras les unes des autres.

Croyez-moi, l’humanité et la fraternité sont rarement aussi puissamment relatées.

J’ai dit que je préférais « Somewhere Inside » à « Moi Malala » et je le maintiens. Car même si Malala est un exemple pour le monde et le plus jeune prix noble de l’Histoire (et même si son livre est vraiment excellent), « Somewhere Inside » reste puissant et unique. Ce livre a lui aussi des protagonistes insolites (Michael Jackson, Barack Obama, Bill Clinton, Kim-Jong-Il…). Vraiment il devrait être adapté au cinéma (rien que la façon dont Laura et Euna se sont débarrassées d’éléments compromettants est digne des meilleurs films d’espions).

Mais tout ça devient long alors je vais conclure, je voudrais que ce livre soit plus connu, c’est pour ça que je le chronique, il mérite (à mes yeux) d’être beaucoup plus populaire, alors lisez-le.

Il est en anglais certes, mais au moins l’anglais, ça s’apprend avec plaisir (il suffit de regarder des films, vidéo, lire des livres en anglais, croyez-en mon expérience).

Des chaînes pour en savoir plus : https://www.youtube.com/channel/UCJsSEDFFnMFvW9JWU6XUn0Q/videos

https://www.youtube.com/user/TestTubeNetwork/videos

https://www.youtube.com/user/NTDChinaUncensored/videos

 

A propos de l'auteur

Pour commencer, je suis d’ascendance noble. J’ai passé 2 ans et demi de ma petite enfance en Angleterre. Mes parents qui voulaient que je sois en mesure de parler la langue de Shakespeare prirent soin de m’enregistrer de nombreuses émissions et programmes qui passaient à la télévision anglaise. Parmi ces émissions et programmes, il y avait des documentaires. Ces derniers transformèrent ma vie à tout jamais, depuis je suis un petit curieux avec une insatiable soif de connaissances. Et là où il y a de la culture il y a des livres. Je n’ai cependant pas toujours été un grand lecteur, mais l’école et mes parents y ont remédié. Aujourd’hui, alors que j’étudie l’Histoire, je dois reconnaître que la lecture est une activité que j’aime beaucoup. Désormais je lis de tout, du français à l’anglais, des histoires vraies aux fictions. J’essaye même d’écrire mes propres livres, j’espère pouvoir un jour les achever, les éditer et pouvoir vous les présenter.

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