Michel Zaccaro est amoureux, amoureux fou de sa mère. Cela pourrait paraître stupide ou enfantin mais ce fût passionnel et destructeur. Je suis tel que vous m’avez défait est un hymne à l’amour filial, une douce complainte à l’être aimé, la cruelle descente aux enfers d’un homme malheureux. Depuis les années soixante jusqu’à nos jours, Michel Zaccaro nous plonge, à travers son histoire personnelle, dans la société française des cinquante dernières années. Celles du baby-boom et de la croissance économique, de la drogue et des yuppies, du SIDA et de l’émergence des mouvements homosexuels, de l’entrepreneuriat et de la finance. Homme de projets, terrassé par ses démons, il se livre par défi ; pour faire la paix avec lui-même mais aussi pour apporter des réponses à ceux qui, comme lui, se sentent trop souvent seuls et désarmés.

L’histoire

Michel Zaccaro retrace sa vie, de sa naissance à nos jours. Il nous conte le début de sa vie, heureux, entre une mère aimante et aimée, et un père admiré. Alors qu’il est encore en bas âge, son petit frère meurt à la naissance. Ce sera le point de départ d’une vie malheureuse.

L’auteur raconte avec une émotion non feinte comment il se sent, d’années en années, exclu de sa famille. Une absence complète de relations familiales avec ses frères et sœurs, le rejet blessant de sa mère, et les rapprochements successifs avec son père ponctueront sa vie. Une vie menée tambours battants, à travers les époques. C’est ainsi que l’on accompagne Michel dans ses expériences scolaires, et ses premiers émois. D’amitiés ambiguës en attirance véritable, son penchant homosexuel se déclare et la sexualité devient une échappatoire. Souffrant du rejet de sa famille, plus sévèrement du manque d’affection de sa mère, il se lance à cœur perdu dans divers projets professionnels pour lui prouver qu’il n’est pas l’incapable qu’elle croit.

Mon avis

Le témoignage, l’autobiographie, ne sont pas mes genres préférés. Pourtant j’ai apprécié la lecture de « Je suis tel que vous m’avez défait ». La vie de Michel Zaccaro n’a rien d’extraordinaire. Les difficultés qu’il rencontre tout au long de son existence sont le quotidien de millions de gens. Pour autant, l’auteur met tant d’émotions dans son récit que la lecture est prenante. Son histoire est poignante de vérité, de désespoir. Le texte est écrit à la manière de Proust, ou de Pagnol, avec des descriptions longues, et une nostalgie assez paradoxale.

En effet, l’on ressent une sorte de pudeur, dans les mots de Michel. On accompagne les espoirs, les bonnes périodes, grâce à un style limpide, une écriture fluide, légère. Alors qu’il nous narre ses expériences homosexuelles, et les tabous obscurs qui les entourent, le registre de langue se fait légèrement plus familier, le rythme de lecture s’amplifie. Néanmoins, une certaine tendresse auréole les souvenirs que nous permet de visiter Michel Zaccaro. Même si sa mère l’a rejeté toute sa vie, on ressent avec force l’amour qu’il ressent pour elle, l’espoir d’un changement, d’une évolution.Il est rare de percevoir autant les émotions de l’auteur dans sa plume. Comme s’il tremblait, pleurait, riait, souffrait au rythme de son stylo.

Infos Pratiques


Date de sortie : Octobre 2016

Editions : Auto-édité via Publishroom
Prix du format numérique : 4.99€ chez Amazon

Prix du format broché : 18€ chez Amazon

Site de l’auteur : http://www.michelzaccaro.com/

Cet article m’a été envoyé par la maison d’édition ou l’auteur pour revue. Pour en savoir plus sur les conditions vous pouvez consulter la page A Propos, du site.

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