21 auteurs, 21 illustrateurs et 21 compositeurs participent à ce projet, votez pour ceux qui remporteront le Prix Mille Saisons 2018, Les lauréats à l´issue de votre vote réaliseront le prochain roman de la collection Mille Saisons.?

Prix Mille Saisons, c’est quoi donc?

C’est au détour des allées de LivreParis 2018 qu’avec Amélia, nous nous sommes arrêtées sur le stand du Prix Mille Saisons 2018. Une jolie couverture nous avait attiré l’œil, à toutes les deux, puis un des auteurs, Thierry Soulard, présent sur le stand nous a parlé de ce Prix et nous a présenté l’anthologie. Le Prix Mille Saisons est un prix littéraire un peu atypique. Il s’agit d’un concours de nouvelles dont les sélectionnées sont publiées dans une anthologie. Mais ce n’est pas une anthologie comme les autres. Elle est dite à « réalité augmentée ». A chaque début de nouvelle, vous pouvez scanner le QR code qui vous permet d’écouter la musique assortie. En effet, non seulement, le vote est ouvert aux lecteurs, mais en plus, chaque nouvelle est illustrée et mise en musique. En effet, il y a un lauréat auteur, mais également un lauréat illustrateur, ainsi qu’un lauréat compositeur. Je n’ai pas réussi à trouver plus d’infos sur comment sont composées les musiques ou comment sont dessinées les illustrations, si c’est une sorte de tirage au sort qui définit qui fait quoi, ou si c’est une participation en équipe, chaque auteur devant trouver un illustrateur et un compositeur, et comme une vraie blogueuse littéraire en carton, je n’ai pensé à cette question qu’une fois partie du salon. Je trouverai peut-être la réponse ultérieurement, auquel cas je vous la transmettrai dans mes prochains retours.

Ce que je sais, par contre, c’est qu’à chaque session, un auteur, un illustrateur, et un compositeur, sont récompensés, et travailleront ensemble sur un roman issu du même univers que la nouvelle, publié aux éditions Le Grimoire. J’ai d’ailleurs acheté, comme Amélia, le livre des lauréats de l’année dernière, Zhang Zhung, d’Arnaud Gabriel, dont j’avais, je vous l’ai dit plus haut, était attirée par la couverture. J’ai pu en rencontrer l’auteur ainsi que l’illustrateur.

L’anthologie du Prix 2018, « Tombé les Voiles » comprend 21 nouvelles, je les chroniquerai toutes, dans l’ordre de leur apparition, mais pour éviter un post à rallonge, je rédigerai mes retours petit à petit, au fur et à mesure de mes lectures.

Avant tout, je dois dire que j’ai été « impressionnée » par la préface. Je ne sais pas si le terme convient réellement, mais j’ai beaucoup apprécié les explications du thème. Je n’en parlerai pas ici, parce que je pense qu’il faut que vous la lisiez par vous-même pour en saisir l’essence. Mais cette ouverture d’esprit -totalement à contre-courant de ce que l’on entend très (trop) souvent- sur l’emploi des mots, a véritablement trouvé une résonance dans mon humble passion littéraire. Loin du diktat de la syntaxe parfaite, la part belle est faite au style, à l’interprétation, et à l’envolée des mots pour un contenu fort et racé. Est ce que, pour moi, l’anthologie a tenu ses promesses?

C’est parti!

Bison Blanc, Philippe Aurèle Leroux, illustration Célia Moutailler, musique Baptiste Lefort

Nouvelle hors concours (lauréat 2016)

 

On rencontre à Seattle une jeune femme d’origine Sioux, Dakota, membre des forces de l’ordre de la ville. Avec son petit-ami Ted, ils sont fans d’un chanteur très populaire de l’époque, qui habite lui aussi dans les environs. Nous sommes dans les années 90, le 4 avril 1994 précisément, à Seattle. Une des amies de Dakota, au central, la prévient que le chanteur -qui a disparu depuis quelques jours- aurait été aperçu non loin de là. La Sioux démarre son enquête.

L’auteur le précise en préambule : « Toute coïncidence ou ressemblance avec des personnages réels n’est ni fortuite ni involontaire ; pour autant ce récit est œuvre de pure fiction et ne prétend pas refléter la réalité, quelle qu’elle soit.  » La nouvelle est -évidemment- dédiée à Kurt Cobain, et met en scène sa disparition. Pendant tout le récit, l’ombre de Nirvana plane sur le lecteur. Les paroles de certaines chansons, en français, mais reconnaissables entre toutes, jalonnent l’évolution de Dakota dans son enquête, et les mélodies sont reprises dans la composition musicale qui accompagne une histoire remarquablement écrite.

Les fans de la première heure ne pourront que reconnaître l’une des théories concernant la mort de Kurt Cobain. Et si le fantastique est mêlé au réalisme, faisant de cette nouvelle une jolie fiction, la lecture de « Bison Blanc » a un petit goût amer de possible.

 

Pandore déconnectée, Yvan Barbedette, illustration Guilhem Baudry, musique Joe Harms (Colin Cerveau)

Les citoyens du monde que nous dépeint Yvan Barbedette sont tous connectés à Pandore. Ils n’utilisent plus la parole, ils ne se voient presque plus, ils communiquent instantanément par télépathie, avec le monde entier. Sauf lors du passage à l’âge adulte. Le rite de passage consiste effectivement à se déconnecter de la matrice virtuelle, et à résoudre une énigme avec pour seule aide le monde épuré sans saveur, vidé des artifices virtuels diffusés par Pandore. Après avoir résolu l’énigme, les nouveaux adultes seront mariés selon des règles strictes visant à encadrer la pureté de l’humanité.

Puisque c’est affiché partout, autant l’annoncer de suite, il s’agit de la nouvelle lauréate. Ayant acheté le livre quelques heures avant l’annonce des résultats, je n’ai évidemment pas voté, mais elle n’était pas ma préférée.

Le récit est très bien écrit, et mis en scène de manière à ce que tout nous paraisse presque évident, simple et facile. Non pas dans la compréhension, mais dans l’art de l’écriture. Un peu comme on regarde un sportif confirmé  réaliser un exploit, en se disant que finalement, si on le voulait, on pourrait faire aussi bien, que rien n’est compliqué là-dedans. Bien évidemment, au premier essai, on se rend compte à quel point on s’est mépris, et à quel point on s’est lamentablement planté. C’est en ce sens que je trouve le style de l’auteur « facile ». Il est facile à lire, et à comprendre, mais le style est tellement bien ciselé qu’il ne parait plus si extraordinaire que ça quand on n’y jette qu’un oeil rapide.

Pour autant, j’ai été embarquée totalement dans l’histoire, immédiatement, mais j’ai regretté l’ambiance un peu froide. Trop neutre peut-être. Je me doute qu’il s’agit là d’une volonté de l’auteur, mais c’est ce qui m’a fait ne pas adhérer en totalité à l’oeuvre. Il m’a manqué un peu d’émotion, de passion. C’est un style de SF peut-être un peu trop propre, aseptisée, à mon goût, mais je comprends tout à fait qu’elle ait été plébiscitée. La qualité littéraire étant indéniable. Je tiens à souligner également la grande qualité de la composition musicale, que j’ai trouvée sublime.

Infos Pratiques :

Date de sortie : 4 Avril 2017

Editions Le Grimoire

Prix du format broché : 25€ sur Amazon

Site internet du Prix : http://www.millesaisons.fr/appel-a-textes-2018-pour-lanthologie-2019/

Une réponse

  1. Philippe Aurèle Leroux

    Bonjour Virginie,
    Pour information l’Appel à Textes pour le prochain Prix Mille Saisons est en cours, il s’achève le 31 octobre 2018. Son thème ? Revenir de l’Avenir.
    J’ai eu la chance de recevoir ce prix en 2016 et le roman qui résulte a été chroniqué sur ce blog par Fabienne, que je côtoie par le biais du comité de lecture des éditions Noir d’Absinthe. Il s’agit de l’Empire des Chimères, un roman de Fantasy Historique, mais pas que…
    Le roman d’Yvan Barbedette, le dernier lauréat, sortira bien en mars 2019, à l’occasion du prochain salon Livre Paris, comme la prochaine anthologie.
    Merci pour ta chronique de ma nouvelle, j’ai – notamment – adoré « l’amer goût du possible ».

    Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :