Florent, gendarme mobile dans le nord de la France rencontre Alexandra dans un bar le 14 juin 1994. Immédiatement, il tombe amoureux fou de la jolie blonde à demi irlandaise. Ils vont s’aimer passionnément. Le 6 octobre 1995, au retour d’une mission en Corse, Florent prend sa voiture et quitte précipitamment la caserne sans autorisation après avoir été accusé de vol par son commandant d’escadron. Huit jours plus tard, on le retrouve en Belgique, une balle dans la tête. Bien que l’enquête judiciaire retienne la thèse du suicide, Alexandra n’y croit pas. Elle va entamer des recherches et diligenter sa propre enquête avec l’aide de la mère de Florent et d’une amie avocate.

J’ai lu ce livre pour le compte du « Prix des Auteurs Inconnus » pour lequel il concourt en littérature noire. Je l’avais moi-même tout d’abord présélectionné, car j’avais été intriguée par le résumé et le mélange des genres, avant de finalement préférer en garder cinq autres dans mon classement final. Et je ne m’étais pas trompée car ce fut une déception.

Le mélange des genres : voilà pour moi le premier point négatif qu’offre ce roman. Il est présenté en littérature noire et, au vu du synopsis, c’est ce qu’on peut légitimement en attendre. Mais, car il y a un mais… bien que mâtiné de polar (avec une enquête sur un meurtre) et de fantastique (avec le héros qui est un fantôme ? esprit ?), je trouve qu’il tire finalement surtout sur la romance (ce qui explique peut-être la couverture). En tout cas, pour moi, même si le sujet n’est pas vraiment drôle, puisque qu’on y parle de meurtre et de deuil, il n’a pas pas sa place en catégorie noire. Cela fausse notre attente et donc notre jugement.

De plus, l’histoire d’amour, omniprésente, nous est contée par des flash-backs qui alternent avec les avancées de l’enquête. Le problème, c’est qu’ils ont tendance à les noyer un peu trop, d’autant que la profusion d’expressions répétitives devient vite lassante puis carrément horripilante. Les petits mots d’amour « poussin » et « chouchou » échangés par les amoureux passent encore dans des dialogues mais l’abus de « ma muse » m’a carrément interloquée. Je ne vois même pas la légitimité de cette expression dans la bouche d’un gendarme (définition du Larousse : « inspiratrice d’un artiste, d’un écrivain »). Pourquoi pas ma chérie, ma fiancée, mon amour ou tout autre petit nom ? Bref, je n’aurais pas relevé la chose si elle n’avait été aussi souvent réitérée ; je n’ai pas compté mais peut-être 30 ou 40 mentions, voire plus encore, en sont faites.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas accroché avec le style, qui, de plus, est trop narratif pour moi et manque cruellement d’originalité. Les tranches de vie heureuses paraissent parfois sous une forme de « journal intime », quant à l’enquête, on a un peu l’impression de lire un compte-rendu d’instruction ou un rapport de police.

C’est dommage parce que cette histoire avait quelque chose à raconter, à apporter, qu’on croie ou non au surnaturel. On ressent que l’auteure l’a vraiment a cœur et on le comprend d’autant plus quand on lit que c’est un roman d’inspiration autobiographique. Mais, vraisemblablement en grande partie à cause du style, je suis passée complètement à côté.

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