Soudain, le paradis dans lequel Semba a toujours vécu vole en éclats. Tout se passe par une douce matinée de printemps, alors qu’il se dirige vers un point d’eau dans l’espoir de débusquer une antilope. Son village est attaqué par des guerriers en furie. Les plus vaillants sont faits prisonniers, les autres sont réduits en une bouillie de sang et d’os. Tous sont devenus, ce jour-là, la propriété de dom Joaquim da Fonseca, un richissime négrier portugais installé au Brésil…
Arrivé à Rio, de prisonnier Semba devient esclave. L’enfer commence : sévices corporels, humiliations, travail harassant… Semba n’a qu’une idée en tête : retrouver sa dignité. Pour cela, il lui faut s’évader et rejoindre la forêt de la Barriga. Là, vivent des milliers de Nègres qui ont choisi la révolte et la liberté. Leur chef est le redoutable Zumbi, le «Dieu-de-la-Guerre». Depuis des années, il défie les Hollandais et les Portugais. Là, est la terre d’espoir. Semba va tenter l’impossible. Va-t-il réussir ? Ou mourir ?

Zumbi est la quatrième fiction que Jean-Paul Delfino consacre au Brésil. Cette saga, riche de rebondissements, d’amours et de violences s’inspire de faits authentiques. Le suspense et le plaisir sont au rendez-vous.

Jean-Paul Delfino est journaliste et écrivain. Il est l’auteur, entre autres ouvrages, de Corcovado (Métailié, 2005), formidable hymne au Brésil.

Chronique :

« Maman, ça parle de quoi ton livre ? De Zombies ? »

Non. Malgré ce qu’a pu croire ma fille en voyant le titre du livre, Zumbi ne parle pas de zombies. Du moins, pas des zombies auxquelles elle peut penser du haut de ses 10 ans. Mais « mourir » et revenir à la vie dans un état qui n’est plus du tout celui qu’ils ont connu avant n’était-il pas le cas des noirs africains déportés comme esclaves ? Je pense que ça se discute.

C’est au cours d’une conversation avec une de mes auteurs indépendantes favorites, Jo Rouxinol, que j’ai découvert Jean-Paul Delfino. Jo est passionnée par le Brésil, je suis passionnée par l’Afrique. Elle m’a conseillé cet auteur, comme un « pont » entre les deux continents.

Zumbi raconte la vie de Semba, jeune guerrier Ovimbundu. Dès les premières pages, nous sommes jetés dans le feu de l’action. Notre jeune Africain est en pleine chasse quand son village se fait attaquer. Après une longue marche de plusieurs semaines, il sera déporté avec les survivants de son village et ceux d’autres villages pillés de leurs ressources humaines, au Brésil. Après une halte dans un comptoir du littoral africain, et un terrible voyage à bord d’un négrier portugais, Semba deviendra esclave à Rio de Janeiro. Ses envies de liberté sont sans cesse rabrouées par ses semblables : même si la légende dit que ceux qui se sont échappés vivent dans un quilombos dont le chef n’est autre que le grand Zumbi l’Immortel, les meutes de chiens lâchés par les maîtres viennent souvent casser les rêves des fugitifs, avant de casser leurs os.

Mais Semba n’en démord pas. Las des sévices qu’il endure au quotidien, il entrevoit l’espoir quand il retrouve Macango, le seul ami qu’il s’était fait lors du terrible voyage qu’il l’a amené au Brésil.

Des livres au sujet de la traite esclavagiste des noirs africains, j’en ai lu beaucoup. C’est un sujet qui me passionne depuis que je suis toute petite, même si je n’ai jamais su pourquoi. Mais finalement, je me suis rendu compte que toute la littérature que j’ai pu parcourir à ce sujet ne parlait que de la traite des noirs amenés en Amérique du Nord. Je pense n’avoir jamais rien lu à propos de la déportation des noirs africains au Brésil. C’est donc un pan de cette Histoire que j’ai découvert grâce à Jean-Paul Delfino.  Le roman, inspiré, forcément, de faits réels, est bien écrit, même si la seconde moitié du livre a un rythme plus lent, plus descriptif que la première moitié qui m’avait totalement happée dans l’histoire. Peut-être aussi que laisser passer plusieurs années d’une page à une autre y a participé. Et même si la technique est nécessaire pour permettre au récit de tenir dans un seul tome, la fluidité de la lecture s’en trouve légèrement troublée.

La description des sévices est juste, sans ajouter à l’horreur qu’elles n’ont déjà pu être, mais sans non plus les justifier, ou les minimiser. L’histoire est dure, difficile, et comme d’accoutumée quand je lis ce genre d’ouvrages, j’ai parfois honte de ce qu’on pu accomplir mes ancêtres. Mais Jean-Paul Delfino sait raconter l’espoir autant que l’horreur, et l’équilibre se rétablit doucement au fur et à mesure de la quête de liberté de Semba.

Infos pratiques :

Date de sortie : 7 mai 2009

Éditeur : Buchet.Chastel

Prix du format broché : 23.85€ chez Amazon

Page Facebook de l’auteur : https://www.facebook.com/jeanpauldelfinoromancier/

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